Comment épouser pleinement la responsabilité de son existence ?

Temps de lecture : 6 minutes
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Depuis mars 2020, nous avons tous était mis à l’épreuve à différents degrés avec la pandémie.

Ce contexte incertain a été l’occasion pour chacun d’être testé personnellement.

Certains sortent de cette période (en admettant qu’elle soit terminée) beaucoup plus fort qu’en y entrant, ils ont su faire preuve d’antifragilité. D’autres, au contraire en sortent fragilisés.

Prenons l’exemple (fictif) de Stéphane et Martin. Tous deux ont entre 25 et 30 ans et ont une situation socio-économique similaire.

Pendant ces deux années, Stéphane a eu du mal à accepter de se retrouver immobilisé, de ne plus avoir accès à la fameuse ‘“vie d’avant”.

Dès le premier confinement il a adopté une posture attentiste. Il a mis ses projets de côté. Ses journées se ressemblaient toutes, sans pour autant lui convenir au présent ni lui être utiles pour son futur.

Il était dans l’attente du retour à la normale.

Bilan des courses, il sort de ces deux années, fatiguées mentalement et physiquement.

Sa vie fut mise “en pause” mais il est heureux de pouvoir retrouver “sa liberté” depuis la levée des couvre-feux et la mise en place de certains “systèmes”.

À l’inverse, Martin a vécu tout autrement ces deux années d’incertitudes et de manque de visibilité.

Dès les premières semaines du confinement de mars 2020, il a compris que ce temps avec lui-même était une chance de repenser sa vie, de mieux se connaître et de travailler sur lui-même et ses projets.

Il a su instinctivement (ou via des lectures) qu’il valait mieux se concentrer sur ce qui dépendait de lui et accepter de qui n’en dépendait pas.

Il n’appréciait pas la situation mais de la même manière qu’il n’aime pas forcément quand il pleut.

Cela ne constituait pas une raison pour rester dans son lit à ne rien faire de ses journées.

Durant ces longs mois/années, il a continué à prendre soin de lui en faisant du sport, il a développé des compétences, il a lancé différents projets qui ont pour la plupart échoué mais qui lui ont donné beaucoup d’expériences.

Il ressort de cette période avec l’impression d’être un nouvel homme. De s’être transformé. Il a transformé l’obstacle en opportunité.

La grande différence entre Stéphane et Martin fut leur approche de la responsabilité personnelle pendant cette période.

Le premier a placé sa responsabilité dans l’évolution hasardeuse d’un virus et les choix d’un gouvernement et autres institutions d’autorités.

Le second conscient du caractère incertain et incontrôlable de la situation a préféré se responsabiliser, agir (dans la mesure du possible) et tirer le meilleur de cette période.

Pourquoi cette histoire ?

D’abord parce que j’ai pu le constater dans ma vie personnelle avec les échanges que j’ai eue ces dernières années.

Certains sont ressortis beaucoup plus fort, antifragile de cette période.

D’autres préfèrent l’oublier (et oublier leur comportement) pendant “cet entracte à la vie normale”.

C’est un révélateur du niveau de responsabilité personnel qu’un individu est prêt à assumer concernant sa propre vie.

Qu’est-ce que la responsabilité personnelle ?

C’est l’acceptation de notre responsabilité personnelle sur l’état de notre vie actuelle (niveau de bonheur, statut, santé etc).

Responsabilité personnelle et collective

Il y a deux visions de la responsabilité, qui peuvent se cumuler, mais une est toujours prédominante sur l’autre que ce soit chez un individu ou un groupe.

La responsabilité peut être personnelle ou collective.

Les problématiques liées à l’écologie en sont un exemple classique de notre époque.

On peut considérer que la réussite (ou l’échec) de cet enjeu planétaire dépend de la capacité de chacun de se responsabiliser et d’agir en conséquence.

Pensons ici à tous les comportements / bonnes pratiques pour préserver notre environnement).

Et d’autres vont considérer que ce qui compte vraiment sera le changement structurel – économique, social et politique notamment.

Ce qui m’intéresse dans cet article, c’est le rapport entre l’individu (vous et moi) et soi-même.

Nous allons chacun avoir une préférence pour soit :

  • la responsabilisation personnelle, celle qui nous fait partir de nous pour améliorer notre condition.
  • Ou une tendance à vouloir – passivement ou activement – voir des changements structurels qui vont améliorer notre vie.

Si je devais prendre des archétypes pour illustrer :

  • L’entrepreneur est plutôt quelqu’un qui va avoir une vision basée sur la responsabilité individuelle.
  • L’activiste va plutôt se battre pour des changements structurels et collectifs. Il est donc à mi-chemin entre une responsabilité personnelle et collective.
  • Enfin, le nihiliste occidental, à savoir celui qui relativise tout, ne croit en rien et semble dire “non” à la vie, va passivement mettre en les mains des autres la responsabilité de son existence actuelle et future.

Mon rapport personnel à la responsabilité

Mon vécu et ma pensée font de moi quelqu’un qui privilégie la responsabilité personnelle comme point de départ pour améliorer sa vie (et celle des autres).

Ce n’est pas un hasard si je suis entrepreneur et que le stoïcisme a autant résonné chez moi.

Je considère que tout changement individuel ou sociétal nécessite des individus qui sont capables de travailler sur eux-mêmes et de prendre leur responsabilité.

Sans rentrer, aujourd’hui, dans les détails, j’ai grandi dans un environnement où la santé mentale a impacté mon histoire et celle de mes proches.

J’ai moi-même une tendance à vivre et à devoir gérer “des bas” assez fréquents en termes de moral depuis mon adolescence.

Pour autant, j’ai toujours essayé de faire au mieux en m’appuyant sur ce qui était à ma disposition et mon contrôle.

L’entrepreneuriat et la philosophie ont toujours été des soutiens me permettant d’avancer dans mon combat personnel et d’assumer ma responsabilité personnelle pour voir la lumière du monde et m’éloigner des ténèbres.

Comme Nietzsche le pensait, toute philosophie est une forme de d’autobiographie.

Ma biographie me pousse donc naturellement à privilégier la responsabilité de soi sur soi et envers le monde.

Sans oublier pour autant, loin de là, toute l’importance des déterminismes, des structures socio-économiques, de la politique etc.

Nous ne naissons pas égaux que ce soit biologiquement ou d’un point de vue socio-économique, je ne le nie pas. J’ai pu le constater des centaines de fois en une année de nomadisme.

Par contre, nous avons tous une capacité à mobiliser notre responsabilité personnelle.

Ceux qui ne font pas, ou ne veulent pas le faire, souffre pour moi de la maladie de l’Occident que Nietzsche déplorait déjà, à savoir : le nihilisme.

Combattre le nihilisme et aller vers une philosophie de la joie d’exister

Voici la définition du nihilisme passif selon Nietzsche :

Nihiliste est l’homme qui juge que le monde tel qu’il est ne devrait pas être, et que le monde tel qu’il devrait être n’existe pas. De ce fait, l’existence (agir, souffrir, vouloir, sentir) n’a aucun sens : de ce fait le pathos du « en vain » est le pathos nihiliste — et une inconséquence du nihiliste »

Cela revient à nier la vie. À ne pas vouloir la vivre pleinement.

J’aurai l’occasion de développer cette idée dans d’autres écrits mais le nihilisme comme négation de la vie me semble fortement présent dans notre société occidentale et plus ou moins fortement en chacun de nous.

J’ai moi-même été plusieurs fois gangrené par ce nihilisme. Je ne sais donc que trop bien à quoi il ressemble à l’intérieur d’un Homme.

Le nihilisme nous conduit à ne pas investir la/sa vie comme nous le devrions.

Il est un état nous rendant incapable de dire un grand “oui” à la vie.

Il nous fait prendre une posture cynique, nous déresponsabilise et nous amène à accuser autrui de nos maux.

On cherche un coupable et on finit toujours par en trouver un.

Car il y aura toujours une idéologie pointant du doigt votre “ennemi”, la cause de vos soucis.

De plus, le nihilisme appelle le nihilisme. Il recrute. Il maintient le statu quo.

Quand une personne essaye de s’en extraire, il se fait rattraper tel un crabe essayant de s’échapper d’un tonneau avant que ses congénères ne le ramènent au fond du cylindre.

Au quotidien, j’essaye de combattre le nihilisme en moi et ne pas me laisser influencer par les crabes, voulant me ramener dans leur tonneau, qui pullule un peu partout à notre époque.

Je développerai ultérieurement, mais en ce moment je suis en train de me confectionner un programme personnel “de responsabilité” et d’amour de la vie.

Il comprend aussi bien un travail sur la pensée qu’un travail physique, spirituel, relationnel, esthétique.

Exemple concret : J’ai 2 rendez-vous médicaux de prévus pour mon passage en France fin juillet. Afin de m’occuper de soucis mineurs que je traîne depuis des années.

Ne pas les soigner me donne l’image de quelqu’un qui ne s’investit pas pleinement dans la vie, qui ne croit pas assez en celle-ci et en la sienne pour se responsabiliser et se respecter à l’occasion.

Changer le monde en commençant par se changer soi-même

C’est tout l’intérêt de cette responsabilité et ce travail sur soi.

Mon texte et ma pensée ne sont pas des odes/appels à l’individualisme et l’égoïsme. Au contraire.

Mon vécu et mes observations me font penser qu’une bonne société se construit avec des individus sains, ayant fait un travail sur eux, conscient de leur responsabilité.

C’est la condition préalable (ou parallèle pour les plus pressés) à toutes formes de revendications sociales, politiques ou autres.

Quand j’observe certains militants, de la justice sociale par exemple, je ne peux m’empêcher de penser que ces personnes n’ont pas pu (et ne cherchent pas à) construire les fondements nécessaires à la construction d’un individu en bonne santé mentale, physique, intellectuel, spirituelle.

Je vois beaucoup de souffrances à la genèse de leurs actions.

De même avec de nombreux militants politiques de partis extrémistes.

La souffrance en soi amène à la haine de l’autre à défaut de trouver de solution par soi-même.

Leurs combats peuvent les aider à se construire (dans une certaine limite), mais il nécessite un ancrage qui leur fait défaut.

Avoir les deux pieds dans le chaos ne permet pas de bien vivre, même dans un paradis idéologique.

“Conclusion”

Pas mal d’idées développées dans cet article, qui mériteront chacune d’être étoffées, détaillées et nuancées.

Ceci est le brouillon d’un essai beaucoup plus long sur lequel je travaille.

Néanmoins, mon intention avec ce premier jet était de vous présenter l’importance de la responsabilité personnelle dans la conduite de nos vies respectives.

Je précise pour ceux qui voudraient m’attaquer là-dessus.

Évidemment, que l’aspect collectif joue un rôle important sur les conditions de l’individu et sa capacité à jouir de la vie.

Mais je me concentre ici sur l’individu comme point de départ et sur ce qui est en contrôle de la majorité d’entre nous.

Cette capacité à assumer et prendre sa responsabilité personnelle est une des dimensions obligatoires pour toute personne souhaitant mener une vie intentionnelle.

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