Pourquoi notre identité (actuelle) nous empêche de vivre notre véritable vie ?

Temps de lecture : 7 minutes
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Depuis 3 ans, je porte une barbe “longue” que j’entretiens – parfois – chez des barbiers hipsters parisiens. Elle a fini, avec le temps, par faire partie de mon identité physique : celle d’un mec blanc au crâne rasé avec une barbe.

Pour le bien de cet article, j’ai rasé entièrement cette barbe. Je n’ai pas laissé le moindre poil. Nada !

Suis-je différent ce matin au moment d’écrire cet article, délesté de ma barbe ? Est-ce que mon identité a changé ?

Cette question de l’identité me taraude depuis quelques années et je sais que je ne suis pas le seul.

Un symbole de cette réflexion est la question à laquelle nous faisons tous face dès l’entrée à l’âge adulte : Que fais-tu dans la vie ? Cette question peut vite devenir anxiogène pour certaines personnes qui ne se sentent pas alignées entre qui elles sont et ce qu’elles font dans la vie (ou comment elles peuvent être perçues).

De plus, nous vivons dans une ère où il semble falloir continuellement affirmer son identité, voir son unicité. Cela passe par différents domaines de sa vie : le travail, les passions, les relations, l’apparence, le statut etc.

Mais, notre identité est-elle l’alliée ou l’ennemie de la vie à laquelle nous aspirons vraiment ?

Dans l’essai qui va suivre, j’aborde notamment :

  • Qu’est-ce qu’une identité ?
  • Quel est le risque de laisser sa vie être gouvernée par une identité parfois subie ?
  • 5 actions pour faire évoluer son identité dans une direction choisie

 

Qu’est-ce qu’une identité ?

Une identité est constituée des récits que l’on se raconte sur nous-mêmes.

C’est la somme des histoires auxquelles on prête de la valeur. Elle se forge avec le temps qui passe. Plus les années passent plus l’identité se renforce. 

Prenons l’exemple d’un jeune qui cherche du travail, qui a du mal à trouver un emploi dans sa branche et qui finit par prendre un job alimentaire, admettons : manutentionnaire. 

Au début, il sait que cela est temporaire, que cela lui permet de gagner un peu d’argent tout en continuant à chercher un travail ou en poursuivant sa formation. Mais, les mois puis les années passent, il est toujours dans la même entreprise avec un job qu’il n’aime pas spécialement mais qui est devenu une part de lui-même. Plus le temps passe, plus il se convainc qu’il est un manutentionnaire. C’est ainsi qu’il se présente maintenant lorsqu’il rencontre des inconnus, quand sa belle famille lui demande ce qu’il fait dans la vie etc.

Revenons à mon histoire de barbe, c’est exactement la même chose. J’ai commencé à laisser pousser ma barbe il y a quelques années “pour voir”. Je m’y suis habitué, puis me suis rendu chez un barbier pour l’entretenir et j’ai commencé à fréquenter des personnes qui ne me connaissaient qu’avec une barbe. Avant que je ne m’en rende compte, elle faisait partie de mon identité. 

Ce que je veux mettre en avant avec ces deux histoires, c’est que nos identités peuvent prendre naissance – parfois – à partir de décisions pouvant sembler anodines sur le moment.

La plupart d’entre nous construisons une partie de notre identité de cette manière, telle la feuille qui se laisse porter par le vent. 

Le danger c’est que le temps qui passe nous fait croire qu’il en sera toujours ainsi : 

  • Je suis barbu et je le serais toujours. (Moi la semaine dernière)
  • Je suis un plombier et je le serais toujours. (Ton voisin qui se plaint de son travail depuis 10 ans)
  • Je suis un gagnant et je le serais toujours. (Didier Deschamps) 
  • Je suis un perdant et je le serais toujours. (Toi après un échec)
  • Etc, etc.

Une autre manière de concevoir son identité

Nous avons une tendance naturelle – exacerbée par notre modèle de société occidentale – à confondre le “faire” avec “l’être”. On se considère comme des êtres humains mais nous associons notre identité à ce que nous faisons et non à qui nous sommes, nous sommes donc devenus des faires humains. 

Dans son livre, Quand la conscience s’éveille, Anthony De Mello considère que l’Homme se met (et met aux autres) des étiquettes. 

Si je prends mon cas personnel mes étiquettes seraient notamment : Je suis français. Je suis un homme. Je suis entrepreneur. Je suis coach. Je suis un lecteur etc. 

Ensuite, l’auteur nous invite à distinguer le “moi” du “je”. Les étiquettes sont attachées au “moi”.  Le “je” serait notre conscience observant cela à distance. 

Malheureusement, nous pensons que nous sommes le “moi” et c’est là que les problèmes commencent. Puisque, si je suis “moi” je suis donc mes étiquettes. Et si je suis mes étiquettes, il est difficile de m’en séparer.

Alors qu’à l’inverse si je suis “je”, cela me met dans une posture d’observateur qui a du recul et qui peut s’amuser à changer et faire évoluer ses étiquettes sans ressentir de la peur ou de la souffrance. 

Quel est le risque de laisser sa vie être gouvernée par son identité (ou par le “moi”) ?

C’est très simple, c’est de passer à côté de qui vous êtes vraiment dans un souci de cohérence avec votre “moi”. 

Notre identité se renforce chaque jour qui passe, une certaine inertie est générée. Vous finissez par vivre une vie par défaut, à accepter que vous soyez ce que vous faites actuellement, qui est la conséquence de choix qu’on a parfois fait il y a des dizaines d’années. Une sorte d’effet composé de l’identité. 

Les effets composés sont un concept très cool en finance mais qui craignent dans sa construction identitaire. 

Et je vous en parle pour l’avoir vécu personnellement. 

Entre 2015 et 2018 j’ai été le fondateur et dirigeant de la startup la plus connue de ma région, l’entreprise était même connue de presque tous les habitants de ma ville natale, Nancy. Tous mes amis, connaissances, journalistes, et même le maire savaient que j’étais le fondateur de cette boîte. 

Comment parvenir à ne pas associer son identité à un objet si brillant ? Ce n’est pas facile surtout quand on a 25 ans et qu’on était considéré comme un cancre quelques années auparavant. Comment ne pas simplifier son identité à cette étiquette.

Heureusement pour moi, j’ai essayé de mon mieux de ne pas avoir une identité unidimensionnelle. Durant cette période : j’ai écrit des articles, j’ai partagé des anecdotes, des réflexions, j’ai aidé des jeunes entrepreneurs, je me suis mis à lire des essais, de la philosophie, j’ai profité de mon nouveau statut pour rencontrer des gens de différents milieux. 

Bien m’en a pris puisqu’au bout de 4 ans, j’ai été contraint de céder l’entreprise pour éviter la faillite. Je suis passé du génie au looser pour certains en un claquement de doigts. Mon entreprise a eu “le droit” deux fois à la Une pleine page du plus grand journal de ma région, tout le monde était au courant de cet “échec”. 

Si je n’avais eu pour identité et étiquette personnelle uniquement cette boîte, j’aurais certainement sombré dans une spirale négative pour ne pas dire dépressive.

Comment faire évoluer et mieux construire son identité ?

Vous l’aurez compris, le risque avec l’identité c’est de ne pas prendre les devants, de subir et de vivre une vie par défaut, en autopilote puis d’être embarqué dans un cercle vicieux nous empêchant d’évoluer. 

Chanceux que nous sommes, il y a des moyens de prendre (ou reprendre) le contrôle de son identité. Voici plusieurs moyens d’y parvenir. 

1/ Partir de ses valeurs personnelles

Notre construction identitaire et le sens que nous donnons à notre vie doivent passer par nos valeurs personnelles. Que valorisons-nous le plus ? Quelle est notre hiérarchie ou échelle de valeurs ? Il est bien plus aisé de se construire quand nous savons quelles sont nos valeurs. Gardez en tête que celles-ci peuvent évoluer (et le feront) au cours de notre vie.

2/ Changer ses actions

Une fois que vous êtes au clair avec vos valeurs personnelles, vous pouvez lancer des actions en accord avec elles et visant à incarner une certaine identité. Exemple : Si je suis quelqu’un qui veut être en bonne santé à 70 ans, mes actions au quotidien sont de faire régulièrement du sport, d’être vigilant sur ce que je mange et de bien m’assurer de dormir au moins 8h chaque nuit.

3/ La diversification de l’identité

 À la manière d’un investisseur qui va placer son argent dans différents actifs (actions, obligations, or, immobilier, startups, crypto monnaies etc) pour diluer son risque et éviter de tout perdre, vous pouvez diversifier votre identité en investissant dans les domaines de vie qui vous importent le plus. Le but étant de ne jamais être une personne mono identitaire. Ainsi votre estime de soi n’est pas rattachée à une fonction, à un métier ou une caractéristique.

4/ Se rappeler que l’on n’est pas éternel

La vérité est que l’on va tous finir par mourir et personne ne sait quand adviendra la fin de sa vie. Cela n’a d’intérêt pour personne que vous n’osez pas vivre votre vie.  Se rappeler régulièrement de sa mortalité est un moyen très efficace de faire des changements dans sa vie et de devenir enfin vraiment qui vous êtes. Prenez la vie comme un “jeu”, personne ne vous regarde en réalité et tout le monde vous oubliera dans 200 ans que vous soyez un inconnu ou Beyoncé. 

5/ Dites au revoir à votre égo

Notre ego est l’ennemi pour reprendre le titre du livre de Ryan Holiday. Celui-ci nous donne l’impression d’être extraordinaire, à cause de lui nous avons l’impression d’être un champion ou un gros nul selon le contexte. L’ego finit par nous obstruer la vue et nous empêche d’accepter que nous soyons ordinaires, ce qui paradoxalement nous permettrait de faire des choses extraordinaires, sans se juger et en allant vers qui nous sommes vraiment plutôt que ce que notre ego aimerait que l’on soit. 

Nous voici à la fin de cet essai. Je vais conclure celui-ci avec quelques questions ouvertes :

  • Qu’est ce qui est choisi dans votre identité actuelle ? Qu’est ce qui est subi ?
  • A quoi est rattachée votre identité ?
  • Quelle identité souhaiter vous incarner dans 10 ans : dans votre travail ? Dans vos relations ? Dans votre corps/énergie ?
  • Qu’est ce qui vous empêche dans votre identité actuelle d’atteindre ces aspirations ?
  • En quoi votre identité vous empêche-t-elle d’atteindre vos objectifs actuels ? De vivre la vie que vous aimeriez avoir ?

 

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