Préface d'Ulysse Lubin
De l'extérieur, j'avais réussi.
À 25 ans, j'avais un bon salaire, un agenda rempli et une trentaine de paires de chaussures. Cependant, à l'intérieur, je me sentais vide. Je n'étais ni heureux, ni malheureux. Je me laissais porter par le courant de la vie, sans chercher à accomplir quoi que ce soit.
C'est à cette période que j'ai rencontré Jean-Charles Kurdali (JCK pour les intimes). Il était assis à la terrasse d'un café en train de réfléchir. Notre amitié est née d'une drôle de combinaison : le partage d'un échec entrepreneurial et un amour mutuel pour l'écriture.
Au cours de longues marches dans Paris, nous rêvions d'une autre vie. Après un traditionnel : « Ça va ? – Ça va, et toi ? – Ça va. », il avait cette manie d'enchaîner sur : « Comment te sens-tu en ce moment ? » ou bien : « Qu'as-tu appris depuis la dernière fois ? » Cela ouvrait inévitablement sur des conversations profondes.
Malgré notre volonté de sortir des modèles préconçus, il nous était encore difficile de briser notre cage dorée. Penser, c'est bien. Agir, c'est autre chose. Pour lui, le déclencheur a été une sorte de crise existentielle pendant la pandémie. Pour moi, l'électrochoc est venu d'un voyage au Kirghizistan. Là-bas, une flamme s'est allumée. Au milieu de ces montagnes, je me suis promis de ne plus me résigner, et de me dresser face à mon destin.
À mon retour, je suis entré profondément en introspection. Quelques mois plus tard, je quittais tout, mon job, mon appartement et mes affaires, pour partir relever 100 challenges à travers le monde. Depuis, j'ai parcouru la planète, entre jungles et déserts, jusqu'en Antarctique, à la rencontre de personnages fascinants, comprenant en chemin que nos barrières mentales ont une serrure, et que la clé se trouve en nous.
Au cours d'un voyage en Géorgie, j'ai retrouvé JCK. Il s'était lancé le défi de vivre comme un stoïcien. Ses journées étaient rythmées par la lecture, la réflexion et l'écriture. C'est là qu'il m'a parlé de son concept du Philopreneur. Il me l'a présenté comme celui qui entreprend au service de sa philosophie de vie. En une expression, il venait d'encapsuler l'essence de notre quête commune. Il continuera d'en peaufiner la définition, de l'expérimenter, de la partager. Pour confronter ses idées, JCK alla même jusqu'à créer son université personnelle en recrutant des professeurs particuliers de philosophie. Lui qui avait autrefois rejeté le système scolaire évoluait désormais dans un environnement éducatif sur mesure, conçu selon ses propres règles.
Aujourd'hui, le Philopreneur a grandi. Il est devenu ce véhicule pour passer d'une vie par défaut à une vie intentionnelle. Dans ce livre, Jean-Charles Kurdali nous propose, avec une philosophie pratique, une méthode pour ne plus subir, mais choisir sa vie.
Le seul prérequis, c'est un petit peu de courage.
Face au jugement des autres, oserez-vous questionner honnêtement vos choix, pour vous diriger vers une vie plus enthousiasmante, et surtout, vers une mort sans regret ?
Ulysse Lubin
Le 1er juillet 2023