Chapitre 5 — Principe #3 : Définissez et poursuivez votre mission personnelle
Stéphane et le syndrome de Peter Pan
Vous connaissez tous l'histoire de Peter Pan. Cet enfant qui vit dans un monde imaginaire où les adultes sont « méchants ». Peter Pan a la hantise de devenir un jour comme eux.
Pourquoi Peter Pan ne veut-il pas devenir adulte ? Pour une raison simple : être adulte, c'est avoir des responsabilités mais surtout, c'est devoir choisir un chemin et renoncer aux autres. C'est passer du potentiel illimité, où tout semble possible, à celui de la réalisation (ou de l'échec) de son potentiel. La grande peur de Peter Pan, c'est d'échouer, de se tromper, de se raidir en devenant une « grande personne ».
Le syndrome de Peter Pan est la tension entre deux envies :
- d'un côté, celle de ne pas prendre le risque d'échouer. Ce qui permet de rester un « potentiel » qui garde les « options ouvertes » ;
- de l'autre, ce besoin de trouver notre « pourquoi », afin de s'engager pleinement dans celui-ci.
Comme beaucoup d'hommes et de femmes postmodernes, Stéphane cherche LA bonne carrière, LE bon projet, LA bonne partenaire. Tout en vivant dans une société de l'hyperabondance perçue. Il souffre de ce qu'on appelle le FOMO (le fear of missing out ou la peur de louper quelque chose d'important). Il veut être heureux, trouver son pourquoi. Il lit des livres de développement personnel et regarde des vidéos YouTube pour trouver ce qui le rendra heureux.
Stéphane souffre de cette maladie, de ce syndrome de Peter Pan. Faire un choix lui est douloureux. Il préfère donc laisser les « options ouvertes » dans de nombreux domaines de sa vie. Mais Stéphane fait une erreur. Il confond l'optionalité, qui est l'art de se créer des options multiples à partir de choix forts, projets et actifs créés, avec la passivité et le non-choix, qui, eux, ne génèrent que de l'immobilisme, du doute et de l'anxiété.
Donc notre ami Stéphane est coincé dans cette contradiction. Il est paralysé depuis des années. Pour apprendre à se connaître, il faut créer du mouvement. En restant un Peter Pan toute sa vie, Stéphane est tel un coureur qui resterait bloqué sur un tapis de course en salle de sport. Il ne réalisera (et ne connaîtra) jamais le potentiel qui est en lui.
Il manque à Stéphane la capacité à faire un choix fort. À s'engager pleinement dans quelque chose qui compte pour lui et qui pourra servir à autrui. Stéphane n'a pas de mission personnelle. C'est pourtant cette mission personnelle qui lui permettrait de quitter cette « mentalité Peter Pan » et de donner un sens à sa vie.
La mission personnelle : un phare pour naviguer entre l’ordre et le chaos
La vie est un équilibre en deux pôles : celui de l'ordre et du chaos.
Je vais m'appuyer sur les définitions que donne Jordan Peterson, intellectuel et psychologue clinique canadien, auteur du livre 12 règles pour une vie : un antidote au chaos1. L'ordre représente ce que vous connaissez déjà. Ce sont les territoires explorés et maîtrisés de votre vie. À l'inverse, le chaos représente les territoires inexplorés que nous ne connaissons ou ne comprenons pas encore.
Nous sommes tous confrontés à ces deux forces contraires qui doivent s'allier pour produire ce fameux équilibre. Nous avons tous une prédisposition plus ou moins marquée pour l'ordre ou le chaos.
Ces dernières années sont parus les best-sellers qui répondent à un besoin d'ordre : Miracle Morning – Offrez-vous un supplément de vie ! d'Hal Elrod2 vous aide à mettre en place des rituels matinaux pour vivre mieux, et La Magie du rangement de Marie Kondo3 à vous débarrasser du superflu dans votre maison.
Mais il existe aussi un besoin de chaos. Marc, par exemple, est informaticien, il aimerait gagner en confiance en lui et en aisance sociale. Marc s'inscrit dans un cours d'improvisation théâtrale. Lui qui n'a jamais osé prendre la parole en public se retrouve très loin de sa zone de confort. Cette activité le place dans une situation nouvelle, inconnue, en plein chaos.
Mais cette sortie de zone de confort est un projet qui donne du sens à la vie de Marc. Ce projet peut ne pas sembler grandiloquent, mais il peut changer la vie de Marc. Il pourra ensuite s'attaquer à des missions personnelles de plus en plus ambitieuses et qui incluront les autres.
C'est le pouvoir d'une mission personnelle (ou « purpose » en anglais qui est un terme intraduisible). Celui-ci donne un sens à votre vie, une direction à suivre, un idéal vers lequel avancer chaque jour. Le chemin peut être chaotique, la destination pourrait ne jamais être atteinte. Peu importe. L'énergie, la concentration et le désir convergent vers cette intention définie.
La mission personnelle offre plusieurs bienfaits fondamentaux pour mener une existence libre, sereine et avec du sens. Avoir une mission personnelle (même temporaire) nécessite de faire un choix. Et donc, d'exclure certaines options pendant la réalisation de cette mission. Avoir la liberté de choisir ses contraintes, sa mission et le sens que l'on souhaite donner à son existence semble une bien meilleure option. L'écriture de ce livre fut, par exemple, ma mission personnelle du printemps 2022 à l'automne 2023. Il m'a à la fois permis et obligé de choisir un projet et de renoncer à d'autres.
La mission personnelle est l'outil qui offre le meilleur équilibre entre ordre et chaos. Elle est ce qui donne du sens à votre existence.
Par sens, nous entendons :
- une direction vers laquelle nous allons (parmi l'infinité de celle que nous pourrions prendre) ;
- une signification qui fait spécialement écho à qui nous sommes et qui nous aimerions devenir.
Votre mission va certainement vous pousser au-delà de vos certitudes. Elle doit vous éloigner de votre zone de confort, se trouver à la confluence de la peur et de l'excitation. Elle génère de l'inconnu et du chaos dans votre vie.
Mais elle va aussi vous obliger à y mettre de l'ordre. En effet, pour atteindre ce genre d'objectif, vous devez concentrer votre énergie, vos pensées et votre temps dans cette direction. Si cette mission est suffisamment importante à vos yeux, vous trouverez le moyen d'orchestrer votre vie autour de celle-ci. Sans vous noyer dans le chaos d'une vie déséquilibrée ou l'ennui d'une vie trop ordonnée.
Avoir une mission personnelle offre donc un rêve et une intention vers laquelle tendre. Mais aussi un socle constitué :
- d'habitudes,
- d'un environnement social,
- de compétences à acquérir.
Cet ensemble teinté d'ordre va vous procurer le sentiment de contrôle sur votre existence et le courage de réaliser cette mission qui pourra vous paraître effrayante.
Néanmoins, il y a plusieurs obstacles que vous devez identifier et franchir avant de vous plonger pleinement dans votre mission personnelle.
La génération TL; DR
Une abréviation, qui nous vient des États-Unis, signifiant : « Too long; didn't read » ou en français « trop long, pas lu ». Cette expression est un révélateur de l'état d'esprit de notre époque. « Je n'ai pas le temps pour votre chef-d'œuvre, Monsieur Tolstoï. Pourriez-vous écrire une version condensée de Guerre et Paix, s'il vous plaît ? »
Le contenu propulsé par les plateformes sociales est rarement celui qui promeut la subtilité d'esprit ou la profondeur de pensée. Les algorithmes privilégient le contenu court, clivant et facile d'accès. Ma génération (la génération Y aussi appelée « les milléniaux ») a grandi soit avec les premières stars de la téléréalité, soit avec les influenceurs YouTube, Instagram ou TikTok. Nous voyons, depuis les années 2010, que parmi les métiers les plus plébiscités par les jeunes caracolent en tête ceux d'influenceurs ou de youtubeurs.
Chaque décennie, nous perdons un peu plus notre capacité d'attention. Par exemple, nous ne prenons plus le temps de lire. Nous faisons la richesse d'entreprises comme Koober ou Blinkist, qui vendent des résumés de livres. Nous regardons YouTube et écoutons nos messageries en x1,5 ou x2. D'ailleurs, merci à vous de prendre le temps de lire ce livre.
La lecture devient un acte de résistance à l'ère des vidéos regardées en x2 sur YouTube.
La création est elle aussi impactée par ce phénomène du TL; DR. La société et les algorithmes récompensent la superficialité et la production de basse qualité. On est entouré de modèles de succès se construisant et se défaisant en quelques semaines avec peu d'efforts consentis. Les « stars » de la téléréalité en sont le meilleur exemple. Elles sont mises sur le devant de la scène du jour au lendemain, mais qui retournent dans l'ombre quelques mois ou années plus tard. Dès lors, il devient difficile de percevoir la valeur et les vertus que l'on peut obtenir par un travail de longue haleine. La maîtrise d'un art, le travail dans l'ombre, la production d'une œuvre puisant dans les profondeurs de l'âme semblent ne plus être valorisés par la majorité.
Néanmoins, ne seraient-ce pas ces mêmes « antiquités » de l'esprit et de l'art qui pourraient nous (re)donner du sens ? Une mission personnelle est un horizon que nous déterminons. Il se veut difficile d'accès par essence et nécessite du travail, du courage, de la détermination. Autant de qualités qui s'effritent un peu plus à chaque progrès de l'humanité qui, à chaque élévation collective, se rabaissent individuellement.
L’influence de son époque sur nos valeurs
William Irvine, auteur du livre A Guide to the Good Life4, explique qu'il a beau être professeur de philosophie, il n'avait jamais étudié sérieusement le stoïcisme ou les écoles de philosophies antiques. Pire selon lui, il n'avait pas réfléchi à ce que pouvait bien être sa « philosophie de vie ».
N'ayant pas pensé ou choisi une philosophie de vie, il se retrouve à vivre selon une philosophie par défaut. Cette philosophie est composée de quêtes externes comme : le statut social, l'assouvissement de ses plaisirs ou l'obtention de choses indépendantes de notre contrôle. Ce qu'il qualifie d'hédonisme. Il lui aura fallu une crise personnelle et la (re)découverte du stoïcisme pour faire évoluer consciemment sa philosophie de vie vers des quêtes et des valeurs qui lui correspondaient plus.
Pour autant, soyons réalistes, nous ne pourrons jamais annihiler à 100 % l'influence de notre époque sur nos valeurs, nos désirs, nos habitudes, etc. Ce serait le meilleur moyen de faire de nous des personnes inadaptées socialement. Néanmoins, il faut être capable de se dissocier parfois de son époque pour penser par soi-même, apprendre à se connaître et devenir un individu authentique. Le choix d'une philosophie de vie et de valeurs associées en est un moyen efficace. Il y a un lien direct entre mission personnelle et philosophie de vie. C'est ce qui nous manque dans nos vies d'hommes et de femmes du XXIe siècle bercés de sciences et de technologies.
N'étant pas incités à penser et à construire notre philosophie de vie, nous finissons par vivre avec les mêmes valeurs que nos contemporains. De ce fait, nous finissons par avoir des vies et des « objectifs » semblables.
Le coût du manque de sens et la montée des doomers
En 2019, à 27 ans, je débarquais à Paris pour donner un nouveau sens à mon existence.
Au même moment, je commençais à m'intéresser aux problématiques environnementales et écologiques. Malheureusement, ma porte d'entrée n'était pas la plus douce. Je fis la découverte des collapsologues avec notamment Pablo Servigne et son livre Comment tout peut s'effondrer5. Cette lecture eut l'effet positif de me sensibiliser à ces problématiques majeures de notre époque. Mais aussi d'impacter mon moral puis, rapidement, ma santé mentale. J'en étais arrivé à la conclusion suivante : soit je m'implique corps et âme dans ces problématiques, soit je prenais (pendant un temps) mes distances pour ne pas sombrer dans un nihilisme total.
Ces théories de l'effondrement et autres injonctions liées à l'écologie ont engendré une génération de jeunes adultes et trentenaires que l'on qualifie de doomers. Le doomer représente l'individu qui est pessimiste concernant l'avenir de l'humanité. Il s'inquiète de l'effondrement de la civilisation : surpopulation, pollution, réchauffement climatique et se sent impuissant…
De plus, la « mort de Dieu » a privé les Occidentaux du sens de la vie que garantissait la religion. Nietzsche invite l'Homme à remplacer les valeurs chrétiennes par des valeurs choisies par lui-même, ce qui lui permettrait de devenir un surhomme. Or, peu d'entre nous ont le courage ainsi que la capacité mentale et physique de procéder à cette réévaluation de nos valeurs.
En conséquence, nous rentrons petit à petit depuis cent cinquante ans dans le nihilisme que Nietzsche avait prophétisé. Celui-ci entraînant lui-même un relativisme qui fait perdre en valeur tout ce qui fait le sel de l'existence. Puis au narcissisme et à l'individualisme dans lequel nous vivons, n'ayant plus de sens supérieur sur lequel baser nos existences. C'est ainsi que l'on se retrouve avec une génération désabusée.
On pourrait imaginer que les enjeux environnementaux puissent devenir le combat fédérateur. La quête transcendante des hommes et femmes de notre époque. Malheureusement, ce combat se heurte à des limites : « L'ennemi » n'est pas visible, Il n'impacte pas chaque région du monde de la même manière. Les enjeux sont d'une complexité difficile à assimiler. Les microactions individuelles semblent marginales face aux problématiques macros.
L'homme n'arrive pas à se projeter au-delà de son existence terrestre et mortelle. Peut-on lui en vouloir réellement ? Tout cela rend difficile à l'échelle individuelle de trouver du sens dans ce type de combat – à moins de s'y engager pleinement ! Le risque est de voir de nombreux « Stéphane » rejoindre le rang des doomers.
Et dans ce cas, si le nihilisme atteint son paroxysme, à quoi bon poursuivre une mission personnelle et essayer de se réaliser ?
La mode au dénigrement de l’élévation de soi
Imaginez un homme sur scène qui harangue une foule en contrebas.
« Vous pouvez le faire. » « Vous avez un pouvoir illimité à l'intérieur de vous. » « Croyez en vous, brisez vos croyances limitantes et vous pourrez devenir qui vous voulez. »
L'exemple le plus célèbre est celui de Tony Robbins qui rassemble des millions de personnes chaque année à ses événements en présentiel et en ligne. Le message du coach américain est justement très… américain. Il serait en notre capacité d'aller puiser le nécessaire pour réussir tout ce que nous souhaitons entreprendre. Absolument tout.
Ce genre de discours ainsi que le business model de ce type de gourou du développement personnel ont tendance à susciter des réactions diverses. D'un côté des fans absolus et de l'autre des détracteurs le considérant comme le Mal incarné soutirant de l'argent à de pauvres personnes en attente d'une solution miracle. Dans son livre Développement (im)personnel : Le succès d'une imposture6, Julia de Funès décrit ce phénomène paradoxal d'un développement supposé personnel et individualisé qui est distillé en méthode généralisée et impersonnelle.
Dans ce qui va suivre, plutôt que de me concentrer sur le développement personnel comme industrie et machine à cash, j'aimerais plutôt l'envisager comme un moyen et un mode de vie. Car l'essence même du développement personnel est noble : essayer de devenir une meilleure personne. Aspirer à devenir la meilleure version de soi-même. Autant d'objectifs me semblant être naturels et sains. Les philosophes antiques parlent d'élévation de soi. Ils pratiquaient ce que Pierre Hadot qualifie d'exercices spirituels. Les hommes et les femmes en quête d'élévation étaient suivis par des « directeurs de conscience » les aidant à progresser sur le chemin allant de l'ignorance à la connaissance, et à passer d'une vie inconsciente et non examinée à une vie consciente et examinée.
Or, de nos jours, les critiques du développement personnel dénigrent ce si bel objectif. Vouloir devenir la meilleure version de soi-même est un objectif qui peut être moqué ou ridiculisé par la société du « good enough » et du « body positivisme » ou bien même dans notre entourage dès lors qu'on ose évoquer cette ambition « pour soi ». Ce qui nous renvoie encore à l'importance de l'environnement et au besoin impérieux de réduire l'influence des autres sur nos pensées et actions.
Le développement personnel est devenu un bouc émissaire facile à critiquer afin de ne pas avoir à s'engager soi-même dans la voie de l'effort, du travail, du sacrifice et à l'aspiration de s'élever pour devenir une personne plus complète, plus saine, plus heureuse. N'oublions pas que les crabes n'aiment pas voir leurs congénères quitter le panier. Même si ce panier ne les rend pas heureux, sereins ou libres.
Vivre au jour le jour et la fuite en avant
Quelles sont les conséquences d'une vie dépourvue d'une mission personnelle ?
La première est celle du vide, du fameux manque de sens. Nous nous retrouvons à vivre au jour le jour. Un carpe diem malheureux où chaque jour se ressemble, mais où aucun d'entre eux ne semble construire un futur enthousiasmant.
En effet, quand la vie est dénuée de sens et d'une mission, il est compliqué d'investir sur le long terme :
- dans notre vie affective et relationnelle ;
- dans nos finances personnelles et notre carrière ;
- dans nos projets personnels et professionnels.
Nous avons le sentiment de stagner dans notre vie. Alors qu'à l'inverse, une mission personnelle (ou la recherche d'une mission) a pour effet de produire du mouvement. C'est ce mouvement qui produit l'énergie dont nous avons besoin pour mettre un pied devant l'autre chaque jour et créer une vie intentionnelle.
Une autre problématique commune à notre époque est l'addiction à la dopamine (l'« hormone du plaisir ») facilement accessible au détriment de la sérotonine (l'hormone du bonheur). Nous vivons une période d'abondance et de surexposition aux stimuli provoquant des shots de dopamines. Nous n'arrivons plus à réguler ce neurotransmetteur. Entre les téléphones, les réseaux sociaux, l'accès à la pornographie, le shopping en ligne, etc., le court terme domine le long terme.
Pourtant, nous ne parvenons pas non plus à vivre dans le moment présent. C'est le paradoxe du carpe diem et de la philosophie yolo (you only live once).
Ne pas avoir de mission nous enlève le sens que la vie peut nous offrir. Dans ces conditions, il est compréhensible que nombre d'entre nous tombent dans l'anxiété vis-à-vis d'un futur incertain et les regrets d'un passé qui nous a échappé.
À défaut de trouver notre sens, nous consommons. Nous nous occupons comme nous le pouvons. Sans mission personnelle, la fuite en avant est le lot qui nous attend. Mais il y a des solutions et c'est ce que nous allons voir avec Achille qui est parvenu à trouver du sens à travers diverses missions personnelles.
Achille ou l'homme en mission
Achille est un homme en mouvement. Il émane de lui une force et une énergie peu communes. Quand les gens le rencontrent pour la première fois, ils ne comprennent pas d'où cela vient.
En fait, Achille est attiré tel un aimant vers sa mission personnelle. Sa vie est beaucoup plus simple et enrichissante depuis qu'il concentre son temps et son énergie à poursuivre une mission. Cette mission change, évolue avec le temps, mais il sait qu'il a besoin d'une mission pour naviguer dans le chaos de la vie et le transformer en quelque chose qui donne un sens à sa vie et qui sert le bien commun.
Lorsqu'il était adolescent, Achille avait senti que les projets étaient ce qui l'aidait à mettre un pied devant l'autre au quotidien. Mais les études supérieures puis l'entrée dans la vie active lui avaient fait oublier l'importance de ces projets et de cette mission.
Jusqu'au jour où il décida de voir sa vie avec un angle différent. La vie est une expérience à vivre pleinement. Il a décidé d'apprendre à enfin mieux se connaître, notamment à travers ses valeurs personnelles. Depuis, sa vie est devenue un roman d'aventures. Un voyage du héros qui l'a obligé à quitter son confort et à se battre pour obtenir ce qu'il voulait vraiment obtenir et vivre.
Achille est devenu un être humain plus complet après chacune des missions personnelles qu'il a pu réaliser. Il les associe avec des intentions, des identités, des projets, des problèmes à résoudre, des habitudes.
Achille a compris qu'une vie intentionnelle nécessite une mission personnelle. Achille est donc un homme en mission. Mais il n'est pas le seul.
Faites de votre vie un roman d’aventures
Un jour, une mère a dit de son jeune fils : « Il sera ambassadeur de France, chevalier de la Légion d'honneur, grand auteur dramatique. » Cette femme, née en Lituanie, tout comme son fils, ne s'est pas trompée. Son garçon, devenu homme, fut les trois. Son nom : Romain Gary. Un des grands écrivains français du XXe siècle, auteur de Des racines du ciel, La Promesse de l'aube ou encore La Vie devant soi (publiée sous le pseudonyme d'Émile Ajar)7. Il fut décoré de la Légion d'honneur par le général de Gaulle et fut consul général de France à Los Angeles à la fin des années 1950. La prophétie de sa mère fut créatrice et réalisatrice.
Romain Gary, c'est l'exemple de l'homme en mission, que l'histoire avec sa mère soit véridique ou non. Lui, l'enfant né à l'autre bout de l'Europe devint celui qu'il aspirait à devenir dès son enfance : un grand écrivain français. Toute sa vie fut une concentration vers ses intentions et ses rêves. Ce fut une véritable saga en plusieurs tomes. Une vie s'apparentant à un roman.
Mais, surtout, une vie qui a beaucoup à nous apprendre, remplie de leçons, de paradoxes. Car dans les coulisses, la vie de Gary n'était pas simple. Il a souffert de dépressions à différentes reprises. Il eut des relations difficiles avec ses différentes femmes. Il traversa des passes difficiles dans sa carrière d'écrivain. Il faillit mourir à plusieurs reprises, notamment pendant la Première Guerre mondiale. C'est aussi un homme qui a dû apprendre à se détacher de l'influence de sa mère afin de ne plus vivre « selon les autres ». Comme chacun de nous, il a eu à combattre cette tension interne entre envie d'être reconnu par sa famille et besoin de devenir un individu authentique. Il navigua entre ordre et chaos, entre coups d'éclat littéraires et solitude existentielle.
Romain Gary a mené une vie intentionnelle en s'appuyant sur un élément fondamental : une mission personnelle.
Définissez votre socle de valeurs personnelles
Aristote a écrit que : « L'excellence est un art que l'on n'atteint que par l'exercice constant. Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L'excellence n'est donc pas une action mais une habitude8. »
Mais de quoi nos habitudes sont-elles le fruit ? De nos valeurs. Les valeurs, un terme qui peut rappeler le monde de l'entreprise. Pourtant, il ne concerne pas uniquement celui-ci. Les valeurs correspondent tout simplement à ce que vous valorisez dans vos vies.
Elles se manifestent via :
- vos pensées,
- vos actions,
- vos habitudes,
- vos décisions.
Les valeurs que vous décidez de suivre – consciemment ou non – sont ce qui influence le plus qui vous êtes. Il faut voir les valeurs comme le GPS de votre vie. Développer un ensemble et une hiérarchie de ce que vous valorisez va vous faciliter vos prises de décision. Ces décisions que vous pourrez ensuite lier à une identité et à des objectifs.
Pour Mark Manson, l'auteur de L'Art subtil de s'en foutre9, il y a deux types de valeurs.
Les bonnes valeurs :
- basées sur la réalité,
- constructives socialement,
- immédiates et contrôlables ;
Les mauvaises valeurs :
- superstitieuses,
- destructives socialement,
- non immédiates et non contrôlables.
Prenons un exemple en piochant parmi une des valeurs cardinales du stoïcisme : le courage. Le courage est basé sur une réalité. On a chaque jour la possibilité d'agir avec courage. Dire ce que l'on pense à un collègue mal intentionné. Quitter une relation toxique. Lancer ce projet que l'on a en tête depuis des années. Elle est constructive socialement car elle offre un apport positif aussi bien à celui qui en est à l'initiative qu'à celui qui en est le destinataire. Elle est immédiate et contrôlable. Il ne tient qu'à nous de faire preuve de courage dans nos actions et décisions du quotidien.
Les valeurs sont le préalable à la définition d'un objectif, d'une mission, d'une quête. En effet, comment savoir vers où pointer nos intentions si nous n'avons aucune idée de ce que l'on valorise. Vos valeurs peuvent évoluer ainsi que le sens que vous donnez à une même valeur.
Je suis devenu entrepreneur à 22 ans car je valorise la liberté comme valeur principale de mon existence. J'avais une définition peu précise de ce qu'était la liberté, mais cette valeur abstraite a suffi à me pousser vers l'entrepreneuriat. Je n'ai pas la même définition de la liberté à 32 ans que celle que je pouvais lui donner à 22 ans. Pour autant, la liberté reste une de mes valeurs phares.
Enfin, Jay Shetty distingue les valeurs inférieures et supérieures dans son livre Penser comme un moine10. Les premières nous tirent vers le haut et les secondes vers le bas. Nous devons apprendre à transformer des valeurs inférieures en valeurs supérieures.
Jay Shetty se base sur le grand texte Bhagavad-Gita. Parmi les valeurs supérieures, il cite : l'intrépidité, la pureté d'esprit, la gratitude, l'aide à autrui et la charité, l'acceptation, l'accomplissement de sacrifices, l'étude approfondie, l'austérité, la franchise, la non-violence, la sincérité, l'absence de colère, le renoncement, la perspective.
Parmi les valeurs inférieures : la cupidité, la luxure, la colère, l'ego, l'illusion et la jalousie.
Nous devons apprendre à transformer des valeurs inférieures en valeurs supérieures.
J'insiste sur l'importance de la construction d'un socle de valeurs de référence. C'est fondamental dans votre quête de vie intentionnelle.
Créez votre propre voyage du héros
Le mythologue Joseph Campbell a popularisé, dans Le Héros aux mille et un visages11, le parcours initiatique qu'un individu va emprunter pour se transformer ou évoluer en tant qu'Homme. C'est d'ailleurs le schéma qui est repris dans la majorité des mythes de toutes les époques dont ceux de nos films contemporains : Harry Potter, Le Seigneur des anneaux, Star Wars, etc.
Ce voyage peut se décomposer en trois parties pour notre héros :
- le courage de quitter sa zone de confort (son monde habituel) ;
- un combat contre des dragons (des obstacles, pour réaliser une quête) ponctué de hauts et de bas et d'autant de leçons et d'apprentissages ;
- le retour au bercail et la transmission de son savoir ou de sa sagesse au monde/à sa communauté.
Il faut embrasser les challenges, les obstacles et les dragons. Sans eux la vie n'aurait pas de saveur et ne nous pousserait pas à évoluer. C'est aussi ce que nous demande la vie intentionnelle. Elle se base sur une valeur fondamentale : le courage (encore lui). Sans courage, il est impossible d'imaginer une vie valant la peine d'être vécue. Pour nous, il s'agit de s'extraire de la vie par défaut et de ne plus vivre selon les autres. Nous avons notre quête à réaliser et nos dragons à combattre. Enfin, nous avons la responsabilité de (re)donner, partager, transmettre et vivre avec les autres.
De plus, il faut garder en tête l'importance de privilégier le voyage à la destination. L'atteinte de nos objectifs n'est pas ce qui nous rendra heureux sur la durée. En effet, des chercheurs ont étudié les effets d'un événement important (positif ou négatif) sur notre vie de bonheur. Ce qu'ils ont appelé l'« adaptation hédonique ». L'étude montre que l'on finit toujours par revenir à notre état de bonheur initial. Que ce soit après un événement extrêmement positif (la vente de son entreprise pour plusieurs millions) ou à l'inverse extrêmement négatif (un accident de voiture nous faisant perdre un bras).
Pour remédier à cette adaptation hédonique, Brian Johnson, le fondateur d'Optimize, vous propose de mêler plusieurs quêtes :
- une quête universelle qui va vous demander de poursuivre un objectif qui vous dépasse pour le bien commun ou celui de votre communauté ;
- des quêtes personnelles qui vont jalonner votre vie et vous rendre unique. Elles sont le fruit de votre histoire, du contexte de votre vie, de vos valeurs, vos rencontres, etc. ;
- une quête ultime, qui est de réduire la distance au quotidien entre votre état actuel et votre potentiel.
Vous pouvez constater que ces quêtes sont infinies dans le temps et qu'elles dépendent de vous.
Pour mieux comprendre cette notion de quête, il me paraît indispensable de citer Designing your Life, ouvrage dans lequel Bill Burnett et Dave Evans12 exposent un exercice qui m'a marqué, celui des Odyssées. Cet exercice consiste à imaginer plusieurs scénarios de vie que l'on pourrait vivre :
- premier scénario : partez de ce que vous vivez actuellement et projetez votre vie dans cinq ans ;
- deuxième scénario : imaginez ce que vous feriez si votre métier actuel disparaissait ;
- troisième scénario : pensez à ce que vous feriez de votre vie si l'argent et la réputation n'avaient plus d'importance pour vous.
C'est une approche qui permet de combattre la tendance de beaucoup d'entre nous de penser qu'il faut trouver LE bon chemin. Il n'y aurait qu'une voie possible, un grand « Pourquoi », que nous devons absolument trouver telle une aiguille dans une botte de foin. Alors que la réalité est plus chaotique et hasardeuse. Il y a une multitude de chemins que l'on peut emprunter. Les scénarios sont infinis. Or, l'exercice ci-dessus nous permet d'envisager notre existence avec plusieurs plans possibles tout en étant intentionnel sur le choix de ceux-ci.
En plus de cette Odyssée, j'aime l'idée de voir sa vie en saisons, chacune étant un arc de trois à cinq ans en moyenne. Ces saisons étant elles-mêmes constituées de chapitres. L'idée sous-jacente est de ne pas oublier que la vie peut être longue – pour celui qui sait comment employer son temps, comme disait Sénèque. Au cours d'une vie, il est possible d'évoluer en termes d'identité, de domaine d'activité, de personnalité.
Vous pouvez ainsi voir votre vie comme les chapitres d'un roman. Chaque chapitre est une phase de votre vie. Pour ma part, j'ai été dirigeant de startup et actif dans cet écosystème de 2014 à 2019, soit une saison de cinq ans. Et j'ai engagé une nouvelle phase de vie depuis que je consacre mon temps à l'écriture, à la création de contenu et au coaching.
Vous avez ainsi différents outils complémentaires pour être créatif et explorer le type de vie que vous aimeriez avoir. Pour appuyer ces réflexions, je vous propose de construire une pyramide de vie intentionnelle qui va vous donner des fondations solides.
Construisez votre pyramide de vie intentionnelle
La plus célèbre pyramide en psychologie est sans aucun doute celle de Maslow. Elle hiérarchise les besoins des Hommes.
Avec par ordre d'importance : les besoins physiologiques suivis de ceux de sécurité, d'appartenance, de reconnaissance et enfin d'accomplissement de soi. Laissez-moi vous présenter la pyramide de la vie intentionnelle.
Elle est constituée de deux niveaux que l'on peut distinguer :
- les quatre premiers (habitudes, problèmes, projets, objectifs) correspondent à des éléments qui se matérialisent dans le monde extérieur et influencent votre intériorité ;
- les quatre derniers (valeurs, intentions, identités, mission personnelle) éléments se construisent en partant de votre monde interne et vont influencer votre vie externe et votre impact sur celui-ci.
Ce sont le socle de notre existence. Elles permettent de mettre de l'ordre dans le chaos naturel d'une vie, d'une semaine, d'une journée.
Que vous ayez besoin de retrouver la santé (mentale ou physique) ou que vous ayez un grand objectif à atteindre, ce sont les habitudes qui vous apporteront le cadre et la sérénité nécessaires. Il faut choisir avec soin ses habitudes, les questionner régulièrement, ne pas hésiter à les faire évoluer en les adaptant à vos projets, vos intentions ou phases de vie.
Voici les quatre étapes à mettre en place pour instaurer une habitude dans votre quotidien selon James Clear, l'auteur du best-seller mondial Atomic Habits13 :
1.définir clairement l'habitude souhaitée ;
2.démarrer petit ;
3.créer un environnement propice ;
4.se récompenser pour renforcer la motivation.
J'ai un concept que j'appelle la « journée minimum viable » (JMV). Elle correspond aux trois à cinq activités que vous avez envie et besoin de faire chaque jour pour considérer avoir vécu une bonne journée. Dans mon cas personnel, ma journée minimum viable est composée d'une session d'écriture, de lecture, de sport, d'une bonne et longue discussion et enfin d'une session d'apprentissage (compétences ou connaissances). Pour vous, cela pourrait être une session de méditation ou de yoga, du temps de qualité passé avec vos enfants, faire une balade dans la nature.
Combinez la JMV au système de James Clear pour intégrer des habitudes à votre vie et vous aurez une base solide.
Pour Mark Manson, une bonne vie n'est pas une vie sans problème, mais une vie où l'on a de bons problèmes. Je partage cet avis. Vous pouvez mesurer la qualité de votre vie actuelle à la typologie des problèmes que vous avez actuellement. Il est important de remplacer vos mauvais problèmes – comme ceux que vous n'avez pas choisis ou ceux qui vous tirent vers le bas – par de bons problèmes.
Voici deux exemples de mauvais problèmes :
- chercher constamment l'approbation des autres : se soucier excessivement de ce que les autres pensent de vous et rechercher leur validation peut conduire à un manque de confiance en vous et à une dépendance malsaine envers les opinions des autres ;
- la poursuite incessante de possessions matérielles : l'accumulation de biens matériels dans l'espoir de trouver le bonheur peut créer des problèmes financiers, des dettes et une insatisfaction chronique. Il est utopiste d'espérer un niveau de satisfaction durable par ce biais.
Et maintenant deux exemples de bons problèmes :
- travailler dur pour atteindre un objectif significatif : par exemple, consacrer du temps et de l'énergie pour créer votre propre entreprise ou pour faire progresser votre carrière ;
- entretenir des relations saines : investir du temps et des efforts pour maintenir vos amitiés et des relations amoureuses solides peut être difficile, mais cela crée des liens émotionnels profonds et contribue à votre bien-être et à votre bonheur à long terme.
Autre point important : celui de se voir comme quelqu'un capable de résoudre des problèmes. Résoudre un problème vous donne de la confiance, cela vous montre que vous êtes capable de vous extraire d'une situation délicate et d'être quelqu'un de fiable. Une bonne habitude à cultiver est de régler un petit problème présent dans votre vie chaque semaine et un problème plus important chaque mois.
Les gens heureux ont des projets. C'est quelque chose que j'ai toujours ressenti depuis mon enfance. Je me souviens du sens que je trouvais lorsque j'avais des projets durant mon enfance/adolescence. Mais aussi du vide que je ressentais quand je n'avais aucun projet excitant en cours ou à venir.
Le projet est ce qui fait le lien concret entre vos intentions, votre mission et votre quotidien composé d'habitudes, de tâches, de responsabilités. Vous avez toujours besoin de projets qu'ils soient professionnels, personnels ou relationnels. La vie est une suite de projets. Ce sont des outils générateurs de sens.
On améliore uniquement ce que l'on mesure. Ce sont les objectifs qui vont vous permettre de mesurer vos avancées d'un point de vue qualitatif et quantitatif. Pour cela, vous pouvez utiliser des modèles tels que les plans à 90 jours (inspirés du modèle OKR des entreprises14) pour faire avancer vos projets et votre mission personnelle.
Les objectifs rendent vos projets cohérents et vous obligent à établir des priorités entre ceux-ci. En effet, lorsque l'on voit sa vie comme un ensemble de projets – et que l'on définit des objectifs –, on comprend rapidement qu'il est impossible de courir de multiples lièvres à la fois. Bien choisir ses objectifs est déterminant pour vous donner une direction mais aussi une ambition sur une période déterminée.
Nous en arrivons à l'étage des éléments internes de la pyramide. Comme nous l'avons vu plus tôt, les valeurs sont les GPS de notre vie. Elles influencent vos pensées, vos actions, vos décisions et votre personnalité.
Une valeur est quelque chose de personnel, qui doit s'internaliser et s'incarner. Si vous n'avez pas établi votre socle de valeurs de référence, vous aurez les valeurs de votre époque ou du moins les valeurs que quelqu'un d'autre aura choisies pour vous.
Une intention peut être définie comme une direction choisie consciemment pour agir dans une certaine direction. Elle est un guide pour orienter votre vie dans la direction que vous souhaitez prendre. Elle vous aide à clarifier vos objectifs, vos aspirations et nos valeurs, et à prendre des décisions éclairées qui sont en harmonie avec ceux-ci.
Le concept d'intention peut vous servir pour clarifier vos objectifs et prendre des décisions éclairées en fonction de ceux-ci. En identifiant vos intentions, vous pouvez comprendre ce qui est important pour vous.
Qui êtes-vous ? Qui souhaitez-vous devenir ?
Les identités sont un des outils d'abstraction les plus puissants pour incarner une personnalité, un rôle, un métier, une ambition. Pendant des années, une de mes identités a été d'être entrepreneur.
Celle-ci influence mes choix, ma manière de penser, mon environnement et bien d'autres choses. Ensuite, j'ai décidé de devenir créateur de contenu puis d'aller vers une identité plus intellectuelle : écrivain, philosophe ou penseur.
Si je me considère écrivain, je vais essayer de penser ma vie tel un écrivain et de vivre une existence dans laquelle l'écriture est centrale.
Pour cela, je vais faire évoluer ma manière de penser mais aussi mon environnement, mes habitudes, mes valeurs, mes objectifs, mes projets, etc.
Ces choix et évolutions identitaires influencent toute votre vie qu'elle soit intérieure ou extérieure. Les identités influencent tous les étages de la pyramide.
Et enfin, la mission personnelle.
C'est le sommet de la pyramide. Ces missions donnent un sens transcendant à votre existence. Elles naissent à travers un mélange de raisons et d'intuitions. La mission est un cap que vous pourriez (pour)suivre pendant des années ou des décennies.
Vous aurez la possibilité d'en changer, mais vous devez avoir la sensation que consacrer votre vie à la réalisation de celle-ci en vaut la peine. Une vie qui justifiera les souffrances, problèmes et obstacles auxquels vous aurez à faire face.
À titre d'exemple, ma mission actuelle est d'aider le plus grand nombre d'entre nous à s'extraire d'une vie par défaut et à mener une vie intentionnelle. Pour cela, j'ai notamment décidé d'incarner les identités d'écrivain, de philosophe, d'entrepreneur, de créateur de contenu.
Vous avez maintenant de quoi construire votre propre pyramide du Philopreneur. C'est elle qui va donner la structure multidimensionnelle dont vous avez besoin pour naviguer sur le chemin de la vie intentionnelle.
Définissez et poursuivez votre mission personnelle.
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Jordan Peterson, 12 règles pour une vie : un antidote au chaos [2018], trad. : Sébastien Baert, J'ai lu, 2019.↩
Hal Elrod, Miracle Morning – Offrez-vous un supplément de vie ! [2012], trad. : Christophe Billon, First, 2016.↩
Marie Kondo, La Magie du rangement [2010], trad. : Christophe Billon, First, 2015.↩
Op. cit.↩
Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s'effondrer, « Anthropocène », Seuil, 2015.↩
Julia de Funès, Développement (im)personnel : Le succès d'une imposture, L'Observatoire, 2019.↩
Romain Gary, Des racines du ciel, La Promesse de l'aube, La Vie devant soi, respectivement publiés en 1956, 1960 chez Gallimard et 1975 au Mercure de France.↩
Aristote, Éthique à Nicomaque [384-322 avant J.-C.], trad. : Richard Bodéüs, Flammarion, 2002.↩
Mark Manson, L'Art subtil de s'en foutre [2016], Eyrolles, 2017.↩
Bhagavad-Gita, Guy Trédaniel, 2020.↩
Op. cit.↩
Bill Burnett et Dave Evans, Designing your Life [2016], trad. française : Faire le point sur sa vie et explorer les possibles, De Boeck, 2018.↩
James Clear, Atomic Habits, Avery, 2018.↩
Système de management basé sur les objectifs et les résultats inventé par le dirigeant de l'entreprise Intel dans les années 1970.↩