Le second cerveau de JCK

Chapitre 6 — Principe #4 : Devenez responsable et antifragile

Stéphane et le branleur nihiliste

Stéphane est-il Orelsan, un branleur nihiliste ? L'alter ego d'Aurélien Cotentin est un des artistes les plus populaires en France. Orelsan porte (malgré lui ?) un message de déculpabilisation à une jeune génération qui ne sait pas quoi faire de sa vie, si ce n'est attendre le week-end pour sortir avec sa bande d'amis. Il est intéressant d'analyser l'évolution parallèle entre le personnage (Orelsan) et l'artiste (Aurélien Cotentin). Lorsque Orelsan commença sa carrière, l'artiste et le personnage semblaient totalement alignés.

Après une adolescence banale, Aurélien était un jeune Français paumé du début du XXIe siècle. Il est devenu le porte-parole légitime d'une génération qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie, qui ne comprend pas pourquoi elle fait des études, qui ne trouve de sens ni dans son travail ni dans son quotidien et qui n'a pas de valeurs sur lesquelles se construire. Il pose des mots sur ce que beaucoup de jeunes ressentent et il montre comment ils pensent, vivent et voient le monde : avec nihilisme, c'est-à-dire, que rien ne vaut vraiment la peine. Le souci ? Il y a un énorme décalage entre son image perçue et son identité réelle : on sait qu'il est en réalité un travailleur acharné1. Ce décalage est dangereux car il pousse certains jeunes à attendre sur leur canapé qu'un miracle se produise.

J'ai traversé ma propre période de « branleur nihiliste » entre 19 et 22 ans. Jeune désabusé, je subissais mon environnement peu stimulant, qui manquait de sens. Mon seul modèle ? Les soirées, les après-midi sans rien faire et les gueules de bois en semaine, et les discussions stériles qui tournent en boucle. Mes activités utiles et stimulantes (lecture, sport) ? Je les avais mises de côté. Même si je retrouvais le goût de la vie grâce au poker (motivation, confiance en moi), je restais bloqué par cette vision du monde nihiliste que je subissais. Le souci, c'est que l'adolescence, associée à cette période de branleur nihiliste, n'en finit plus. De plus en plus d'adultes restent bloqués dans « l'adulescence » : adultes aux yeux de la loi, irresponsables dans les faits. Ils flottent, en attente, dans un nihilisme qui les conduit à la médiocrité. Autant l'état d'esprit d'un enfant confère joie de vivre, curiosité et créativité, autant l'adulescence est un poison qui nous rongeait, mes amis et moi. Alors, à 22 ans, lassé d'être bloqué dans mon canapé, j'ai sonné la révolte pour devenir responsable.

La « patate chaude » de la responsabilité

Qui assume encore sa responsabilité en ce début de XXIe siècle ?

Les banques et les financiers, les vrais boss du monde ? Ils s'amusent comme des enfants gâtés avec des produits financiers dangereux pour l'économie mondiale. Les hommes politiques ? Ils ne sont que trop rarement jugés pour leurs erreurs, incompétences ou fausses déclarations. Les sociétés technologiques ? Elles ne se soucient ni de la morale ni du bien-être de leurs utilisateurs, accros à leurs applis hypnotiques. Reed Hastings, le président de Netflix, a dit que le plus grand concurrent de son entreprise était le sommeil. Ses ingénieurs travaillent dur pour faire de nous des zombies scotchés devant des séries, au mépris de notre santé.

Au fond, dans notre société, les plus puissants se refilent « la patate chaude de la responsabilité ». Une patate chaude, ça brûle les doigts : au sens figuré, c'est un souci dont personne ne veut assumer la responsabilité. La patate chaude passe donc des plus puissants jusqu'aux individus.

Notre époque manque de grands hommes (Marc Aurèle, de Gaulle) pour montrer l'exemple et inspirer les générations actuelles à prendre leur responsabilité. C'est pour cela que de nouvelles figures qui prônent la responsabilité individuelle crèvent l'écran, parce que l'offre est pauvre et la demande extrêmement forte. Au fond, on a deux choix dans cette société sans « pilote dans l'avion ». Soit on cède à la tentation de déléguer sa responsabilité à un tiers, que ce soit un Homme providentiel, une idéologie, un parti politique, une religion. Soit on refuse de vivre comme Stéphane, et on décide de se (re)prendre en main.

Malheureusement, la tendance va vers une déresponsabilisation. Les individus manquent de caractère et d'autonomie. Une des causes est la croyance de l'Homme ordinaire d'être extraordinaire.

L’homme ordinaire se pensant extraordinaire

Notre génération est atteinte du syndrome « Patrick Bateman », le personnage principal du roman (et film éponyme) American Psycho2. Bateman travaille dans une société d'investissement, il est un golden boy new-yorkais des années 1980. Patrick aimerait être extraordinaire, mais il est parfaitement ordinaire. Il s'habille comme ses collègues, il écoute la même musique, fréquente les mêmes restaurants, travaille de la même manière. Pourtant, il cherche à se différencier, à prouver au monde (et à lui-même) qu'il est un être à part. Scène culte du film ? La scène des cartes de visite où Bateman est fier d'avoir une carte de visite originale… avant d'être dévasté par la vue d'une carte encore plus originale que la sienne (jeu de statut à son paroxysme).

Le créateur de ce personnage est l'auteur américain Bret Easton Ellis. Dans ses romans, il met souvent en scène de jeunes gens riches et désœuvrés dans les années 1980-1990. En 2019, Ellis partage son point de vue sur l'époque actuelle dans un essai : White3. Il compare le monde dans lequel il a grandi dans les années 1970-1980 avec le monde post-11 septembre 2001, le monde des réseaux sociaux, le monde des millennials et de la génération Z.

Si, autrefois, être extraordinaire passait par l'accomplissement de grandes choses, il semblerait que les nouvelles générations utilisent la carte du virtue signaling pour se distinguer de la « masse ». Quand on ne fait rien d'extraordinaire, soutenir une « juste cause » ne serait-il pas la « bonne » attitude à adopter ?

Les Américains appellent cela le virtue signaling, que l'on peut traduire par la « vertu ostentatoire ». Le but est d'afficher, surtout en ligne, que l'on est un être vertueux, soutenant des causes jugées importantes tels que l'écologie ou les droits des « minorités ». C'est d'autant plus important pour les personnes de couleur blanche (caucasiennes), à une période où il y a une invitation à culpabiliser d'être les descendants de « méchants » colonisateurs et exploiteurs.

Bret Easton Ellis illustre le virtue signaling avec l'exemple de l'Oscar du meilleur film 2017 attribué à Moonlight.

« Pour un Blanc, approuver Moonlight, c'était se sentir vertueux. Bien qu'il soit agréable de se sentir vertueux, il convient de se demander si se sentir vertueux et être vertueux sont en fait la même chose4. »

Mais quelle est vraiment la motivation derrière ces comportements de soutiens publics pour afficher sa dite vertu ? Un carré noir pour Black Lives Matter, un carré bleu pour les Ouïghours : sur Instagram, ces signaux permettent à la fois d'être accepté par le groupe tout en étant une façon de se différencier.

Et si le virtue signaling ne suffit pas à devenir extraordinaire, alors les « Stéphane » de notre époque pourront utiliser un outil encore plus puissant : la victimisation. C'est l'art de chercher l'attention des autres en mettant en avant des éléments « injustes » de nos parcours. Ces éléments vont du plus ridicule (j'ai raté mon examen, le monde est injuste) à des raisons « valables » tel qu'une grave maladie.

Le mécanisme, qu'Ellis nomme l'économie de la réputation, reste le même : dramatiser son expérience de vie pour générer des « vues » sur les réseaux sociaux et développer sa « marque ». Et visiblement, ces stratégies de victimisation fonctionnent et fédèrent : à défaut d'être vertueuses ou inspirantes, elles font cliquer.

J'en arrive à me demander si la chose la plus extraordinaire à notre époque ne serait pas d'assumer et d'accepter pleinement notre ordinarité. Nous serions tel le « Sauvage » dans Le Meilleur des mondes5. L'un des derniers hommes nés naturellement. Il a un physique et un mental dans la norme. Alors que dans Le Meilleur des mondes, les personnages sont extraordinaires car augmentés artificiellement, mais ordinaires puisque ce sont des copies presque conformes les unes aux autres. L'être le plus extraordinaire du roman en devient donc le « Sauvage ».

Nous vivons une époque qui cherche à nier et à refuser les différences entre les individus. Pourtant, nous sommes tous différents ne serait-ce que par notre génome. Mais aussi par la combinaison unique d'influences sociales, culturelles, familiales, éducatives, etc. Inspirons-nous des personnes qui réalisent des choses extraordinaires. Ou acceptons notre caractère ordinaire, première étape pour devenir responsable. Mais arrêtons de nous plaindre, de jouer les victimes et de vouloir tirer le monde vers le bas avec des idéologies nihilistes.

Outre la moraline et le fait de se croire extraordinaire, il existe un dernier phénomène qui explique les difficultés qu'on a à épouser notre responsabilité : celui des safe spaces, créés pour ne surtout pas offenser ces personnes se croyant hors norme dans leur génie ou leur malheur.

La société du safe space

Revers de la médaille de certains progrès technologiques et sociaux : notre société occidentale contemporaine produit des individus fragiles. Nous vivons une époque qui essaye de dépasser l'égalité des droits en la transformant en une égalité des résultats. Les réseaux sociaux donnent l'illusion à chacun d'être en mesure de devenir riche, célèbre, hors norme, le tout sans efforts apparents. Mathématiquement, les « perdants » de ces jeux sociaux sont plus nombreux que les « gagnants » : ils pèsent de tout leur poids pour imposer de nouvelles règles où dorénavant toute hiérarchisation d'individus dans un domaine est pointée du doigt.

Le discours dominant ? Celui du « Tout le monde gagne » couplé à celui du « Vous êtes tous extraordinaires ». Certaines écoles veulent arrêter le système de notation, jugé démoralisant. On instaure des quotas pour s'assurer que « tout le monde » puisse réussir. C'est comme si l'on faisait tout pour faire oublier aux individus que « la vie est souffrance », comme le savent les bouddhistes, et qu'il faut apprendre à l'accepter.

Or, c'est cette souffrance et les obstacles à franchir qui font de la vie une expérience intéressante. Il est nécessaire d'apprendre que tout ne peut aller toujours dans notre sens. Qu'il existe des différences entre deux personnes, qu'elles soient de même sexe ou de sexes opposés. Nous ne naissons pas égaux et nous n'aurons jamais des résultats égaux. Ce n'est ni bien ni mal, c'est ainsi. Mais ça, les Bisounours du XXIe siècle ne veulent pas l'entendre.

Non contents de vivre à l'époque la plus confortable de l'Histoire, nous prenons l'habitude de surprotéger les enfants, de peur qu'ils se blessent physiquement et psychologiquement. On finit par les priver de toute situation leur permettant de développer une antifragilité – qu'ils sont pourtant les plus aptes à développer. Il suffit de voir comment se débrouillent par eux-mêmes des enfants dans un parc lorsqu'ils jouent. Ils sont imaginatifs et trouvent toujours une solution. Dans White, Bret Easton Ellis témoigne de son enfance beaucoup plus libre : « Nous étions des enfants qui erraient dans un monde presque uniquement fait pour les adultes. Personne ne se souciait de ce que nous regardions ou pas, de ce que nous ressentions ou voulions, et le culte de la victimisation n'avait pas encore commencé à exercer sa fascination6. »

Passée l'enfance surprotégée, la vie étudiante se retrouve aussi gangrenée par des phénomènes analogues. Je fais référence aux safe spaces que l'on trouve dans les universités américaines : des lieux destinés à protéger les personnes qui se sentent jugés ou marginalisées dans la société. Le but est d'offrir un espace pour s'exprimer sans subir d'attaque discriminante. Mais le safe space tel qu'il est pratiqué dans les universités étudiantes n'encourage pas le débat, il l'interdit.

Protection nécessaire pour cette « génération des offensés » qui ne supportent plus la contradiction, le conflit et la critique ? Ces lieux sûrs sont le fruit du mouvement LGBTQ+ et autres mouvements de justice sociale. On se retrouve donc avec des millions de jeunes aux États-Unis, mais aussi maintenant en Europe, qui vont passer leurs années étudiantes confortés dans l'idée qu'il est intolérable de laisser quelqu'un ayant un avis différent du leur avoir la possibilité de s'exprimer (dans la même pièce qu'eux).

Au fond, les safe spaces ne font que reproduire dans le monde physique les « bulles » informationnelles7 générées par les algorithmes sur Internet.

Les conséquences sont désastreuses puisque ces jeunes ne développent aucune antifragilité ni capacité à se rendre responsables de leur vie ou de leurs problèmes. Tout devient la faute d'un autre individu ou d'un groupe ennemi.

La société de l'image, l'économie de la réputation et les « safe spaces » poussent les individus à deux choix. Soit rejoindre la police de la pensée, prête à bannir toute personne ne tenant pas les propos attendus par « l'empire », comme l'appelle Bret Easton Ellis. Soit se censurer ou avoir des propos influencés par la peur de l'ostracisation.

La guillotine médiatique est prête à couper la tête de ceux qui oseront offenser les nouveaux intouchables. Moraline, êtres extraordinaires et safe spaces : ce cocktail empoisonné annihile toute possibilité de bâtir une société composée d'individus fiables, responsables et antifragiles. Ce proverbe oriental illustre bien le problème : « Les temps difficiles produisent les hommes forts, les hommes forts engendrent les temps de prospérité et de stabilité. Les temps de prospérité et de stabilité produisent les hommes faibles, les hommes faibles produisent les temps difficiles8. »

Notre civilisation a connu d'immenses progrès ces cinq cents dernières années. Nous arrivons à la fin d'un cycle où notre société trop confortable et prospère a produit des Hommes faibles qui créent les conditions de temps difficile à venir. Comment mener une vie intentionnelle lorsqu'on se retrouve bridé par une police de la pensée cherchant à uniformiser et à simplifier ce qui serait le « bien » ? Cela est l'antithèse de ce que vous devez rechercher pour devenir un véritable individu. Heureusement, vous pouvez vous extraire de ce marasme. Et ainsi être en mesure d'aider les personnes qui comptent pour vous : votre famille, votre communauté, votre audience.

La solution ? Devenez responsable.

Qu’est-ce que la responsabilité individuelle ?

En 2015, Jocko Willink, un vétéran des Navy SEALs, est invité sur le podcast de Tim Ferriss, l'auteur de La Semaine de 4 heures9, pour présenter son livre Extreme Ownership10. Cet épisode est devenu le plus écouté de l'histoire du podcast de Tim Ferriss devant les épisodes de Matthew McConaughey, Jamie Foxx ou Arnold Schwarzenegger. Ce livre mêle récit des diverses missions auxquelles a pris part Willink en Irak et en Afghanistan et conseils pratiques pour nous aider à devenir le leader sur lequel les autres peuvent compter, que nous soyons entrepreneur, athlète, manager ou parent.

La responsabilité individuelle (ou personnelle) est le thème sous-jacent du livre : il tient à chacun d'entre nous de prendre les rênes de notre existence et d'assumer la pleine responsabilité de celle-ci. Malgré certains aléas de la vie ou accidents, qui nous empêchent d'être maîtres de notre destin à 100 %, Willink nous encourage à prendre l'entière responsabilité de nos actions, décisions et échecs, ainsi que celles et ceux de nos proches.

Jocko Willink est un leader par l'action et par l'exemple. Depuis sept ans, il montre son quotidien à travers les réseaux sociaux et ses projets. Ceinture noire de ju-jitsu, il considère que tout être humain gagnerait à apprendre et à pratiquer un sport de combat pour avoir confiance dans sa capacité à se protéger si nécessaire. Pour atteindre le succès, dans nos relations comme à la guerre, Willink se concentre sur la discipline et le leadership, bien qu'il mette aussi en avant respect, honneur, tradition, amitié, famille, discipline et engagement. Son principe-phare, « Discipline = Liberté », sera même le titre de son livre sorti en 201711. Pour Willink, la motivation ne suffit pas pour atteindre nos objectifs et vivre une vie qui vaut la peine d'être vécue : il faut transformer la motivation en discipline. Comme celle du combattant qui se prépare à un combat important et va se lever tous les matins à 5 heures pour aller s'entraîner avant que sa famille ne se lève. La discipline est un choix. Elle permet d'atteindre ses objectifs personnels et professionnels ou a minima de se donner les moyens d'y parvenir. Elle produit de la confiance et de l'estime de soi. Chaque jour, vous devenez celui qui respecte ses engagements avec lui-même. Et c'est en luttant contre nos comportements aliénants, qui nous tirent vers le bas, que nous atteindrons la vraie liberté.

Si le discours de Willink s'est répandu comme une traînée de poudre sur le Web, c'est qu'il y a une forte demande de la part d'une partie de la population qui sent qu'elle doit se reprendre en main, se responsabiliser et cultiver son antifragilité. Jocko Willink est une des réponses à cette demande, comme peuvent l'être David Goggins12, Jordan Peterson ou Ray Dalio13 aux États-Unis. Tous mettent en avant le même principe de responsabilité individuelle. En voici une définition en trois temps :

Cependant, ne confondons pas « responsabilité individuelle » et « la faute ». La faute, c'est l'action que l'on effectue pouvant causer un problème. La responsabilité, c'est un savoir-être avant, pendant et après une action (ou une faute) qui nous concerne de près ou de loin.

Nous sommes rarement fautifs de ce qu'il se passe autour de nous, mais nous sommes toujours responsables de notre manière de réagir. Si je participe à un match de football et que mon coéquipier marque un but contre notre camp, ce n'est pas ma faute… mais c'est ma responsabilité en tant qu'équipier et leader de bien réagir à cet événement, de montrer à ce coéquipier que j'ai confiance en lui et d'envoyer de bons signaux aux autres membres de l'équipe. Ainsi, j'ai pris ma responsabilité, que je sois officiellement leader – par un brassard de capitaine – ou officieusement – par ma personnalité. Votre expérience de vie sera diamétralement opposée selon votre capacité à endosser votre responsabilité dans chaque situation. Comme objectif, Jordan Peterson propose à ses lecteurs de devenir l'homme ou la femme sur qui notre famille pourra compter le jour de l'enterrement de notre père. Personne ne vous demandera d'endosser cette responsabilité. Mais le faire vous permettra de penser votre vie et de la vivre d'une tout autre manière. Et cela bien avant le jour où votre père quittera le royaume des vivants.

L’antifragilité comme conséquence de la responsabilité individuelle

« Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. » Avant d'apprendre que cette maxime venait de Nietzsche14, je l'avais d'abord entendue dans le manga dont ma génération était fan : Dragon Ball. Lorsqu'un Sayen (la race du héros Sangoku) voit la mort de près au combat, la légende dit que sa force doublera s'il parvient à survivre. Le penseur allemand a lui-même expérimenté dans sa chair l'expérience de se voir mourir dans les années 1880. Il frôla la mort avant d'écrire ses œuvres les plus importantes dans la fin des années de la même décennie. L'adversité et son dépassement nous rendent plus forts, plus fiables, plus grands.

C'est ce qu'a également théorisé Nassim Nicholas Taleb, ancien trader devenu essayiste spécialiste en épistémologie des probabilités et un praticien des mathématiques financières. Il est aussi un des penseurs les plus influents concernant « la gestion du risque » et les moyens à mettre en œuvre pour prospérer dans un monde incertain et chaotique. Pour cela, il a notamment créé un concept fondamental : l'antifragilité. Taleb précise qu'il ne faut pas la confondre avec la robustesse ou la résilience : « L'antifragilité est au-delà de la résilience et de la robustesse. Le résilient résiste aux chocs et reste le même ; l'antifragile s'améliore15. »

Devenir antifragile, c'est vous imaginer comme un muscle qui s'hypertrophie à chaque épreuve de la vie, pour ensuite être plus développé. L'antifragilité est un outil déterminant dans notre capacité à nous améliorer dans tous les pans fondamentaux de notre vie. Et notre responsabilité individuelle va faciliter l'adoption d'une démarche antifragile.

Le lien entre responsabilité et antifragilité

L'homme libre est celui qui est capable d'affronter et d'aimer la peur. Être le responsable de son existence, c'est se retrouver régulièrement dans des situations que l'on aurait évitées avant parce que se responsabiliser, c'est s'exposer. C'est se mettre dans l'arène et être celui qui va assumer les coups, devoir régler plus de problèmes, gérer plus de situations critiques, devoir prendre plus de décisions, être plus sollicité physiquement, moralement et mentalement pour trouver des solutions. Une fois la tempête affrontée, nous constatons que nous sommes renforcés : nous sommes plus antifragiles.

C'est une boucle vertueuse : la responsabilité nous amène à cultiver notre antifragilité. Et l'antifragilité nourrit notre désir de responsabilité. Responsabilité et antifragilité vont donc devenir les drogues qui vont faire de votre existence une odyssée captivante.

Voici une liste non exhaustive des bénéfices :

Achille ou l'homme devenu responsable et antifragile

Achille a compris dans la douleur le coût de ne pas assumer sa responsabilité individuelle. Quand il était étudiant, il avait beaucoup de haine et de rancœur envers la méchante société qui le manipulait, les riches qui l'exploitaient, les femmes qui le rejetaient. Nihiliste, fragile, fiable ni envers lui-même ni avec les autres, il était incapable de mener à bien le moindre projet. Cet état d'esprit l'accompagna durant la vingtaine.

Deux choix s'offraient à lui, l'abandon sous forme de suicide (réel ou fictif) ou la révolte. Il se rebella contre sa passivité et refusa de laisser ce récit nihiliste gouverner son existence. Depuis qu'il a pris le taureau par les cornes, Achille est devenu d'une fiabilité rare en ce monde. Il est un socle sur lequel peuvent compter sa famille, ses amis, sa communauté. Il a enfin confiance en sa capacité à ne plus se trahir lui-même. Il sent une force grandir en lui, aussi bien physique que spirituelle et mentale. Il accueille chaque problème avec un état d'esprit positif : il est devenu le type de leader qu'il admirait (et pensait inaccessible) dans son adolescence.

Si ce changement a été possible pour Achille, tout a commencé par un pari, celui du Philopreneur.

Faites le pari du Philopreneur

Le polymathe français Blaise Pascal écrit dans ses Pensées rédigées au XVIIe siècle son célèbre pari. C'est un argument philosophique tentant de prouver qu'une personne rationnelle a tout intérêt à croire en Dieu, qu'il existe ou non. En effet, si Dieu n'existe pas, le croyant et le non-croyant ne risquent rien ou presque. Par contre, si Dieu existe, le croyant gagne le paradis tandis que le non-croyant est enfermé en enfer pour l'éternité. Pour Pascal nous n'avons que deux possibilités : croire en Dieu ou ne pas y croire. Il est mathématiquement rentable de parier sur l'existence de Dieu.

Le pari du Philopreneur ressemble à la croyance de Pascal. Le pari du Philopreneur, c'est admettre qu'il est rentable de croire à 100 % en sa responsabilité individuelle sans tenir compte des résultats passés, présents ou futurs. Le pari du Philopreneur ne prend pas en compte la notion de résultat matériel : vos gains seront avant tout spirituels et psychologiques.

Armé de cette croyance, vous allez passer d'un état de « victime » qui subit son existence à une mentalité de « créateur » qui sait que sa liberté se trouve dans sa capacité à réagir de manière adéquate aux événements se présentant à lui.

À 16 ans, j'ai eu un comportement de victime subissant la vie pendant une année. Je venais de passer en quelques mois d'un élève « normal » à un cancre. Et d'un joueur de tennis correct à un joueur incapable de gagner le moindre match face à des adversaires que je dominais pourtant depuis plusieurs années. La raison principale : un cancer incurable qui emporta ma grand-mère en moins d'un an. La raison secondaire : un profond ennui aussi bien à l'école (antichambre de la vie) et plus largement de ma vie qui manquait de saveur.

J'ai passé une grande partie de mon enfance chez mes grands-parents. J'étais très proche de ma grand-mère. Lors de sa maladie, j'ai constaté à quel point le monde n'en avait rien à faire des événements que je pouvais vivre (et subir) à titre personnel. J'ai redoublé ma classe de seconde, réalisé une année noire au tennis, me suis éloigné de mes amis. La perte de sens était totale : je n'avais plus ni objectif ni perspective. J'ai fini l'année perdu et déprimé. Ce fut un carrefour de ma vie. C'est le moment où je sonnai la révolte et décidai de prendre la responsabilité de mon existence.

J'ai alors divorcé intellectuellement de l'école… et découvert le poker en ligne, mon école de la vie et ma voie vers l'indépendance pour les sept années qui suivirent. Le poker fut ma rampe de lancement vers une existence entreprenante.

Notre pari du Philopreneur est une manière de s'affirmer. De refuser de subir la vie vécue selon les autres. Vous n'avez plus à demander la permission.

Ce principe de responsabilité se rapproche d'un des préceptes cardinaux du stoïcisme d'Épictète. Pour le philosophe, nous « sommes absolument responsables de notre malheur, de notre bonheur et de notre caractère moral16 ». Plus récemment, en 1954, le psychologue américain Julian Rotter conceptualisa le locus de contrôle. Le locus de contrôle se définit plus précisément comme la « tendance que les individus ont à considérer que les événements qui les affectent sont le résultat de leurs actions ou, au contraire, qu'ils sont le fait de facteurs externes sur lesquels ils n'ont que peu d'influence, par exemple la chance, le hasard, les autres, les institutions ou l'État17 ».

Cette idée est très proche de la dichotomie du contrôle d'Épictète. La différence, d'après les travaux du psychologue, est que ce locus serait intimement lié à la personnalité. Fort heureusement, cette dernière n'est nullement figée. Il est donc possible à force de répétitions de passer progressivement d'un locus externe à un locus interne. Ou plutôt à un équilibre puisque comme nous l'avons vu avec Épictète, tout n'est pas sous notre contrôle. Développer votre locus interne au point de vous en vouloir quand votre équipe de football favorite perd son dernier match ? Ça n'aurait pas de sens.

Pour autant, c'est grâce à ce pari, « Je peux contrôler ma vie », que nous allons pouvoir nous extraire de la condition de Stéphane et nous rapprocher de celle d'Achille. D'ailleurs, en parlant de notre cher homonyme au demi-dieu grec, passons maintenant à un art que les Grecs ne connaissaient que trop bien, la sculpture de statue.

Soyez le sculpteur de votre statue

Vous ne connaissez pas David Ferrer ? C'est un ancien tennisman espagnol. Troisième meilleur joueur du monde en 2013, année où il disputa la finale de Roland-Garros face à Nadal Ferrer remporta 27 titres au cours de sa carrière sur le circuit ATP. L'Espagnol ne correspondait pas au morphotype du joueur de tennis du XXIe siècle qui maintenant mesure plus de 1,90 m. Ferrer ne mesure que 1,75 m : il était moins grand et moins puissant que certains. Le joueur espagnol était avant tout un spécialiste de terre battue (la surface de jeu de Roland-Garros) au début de sa carrière. Mais le tennis se joue également sur gazon, sur dur ou sur un parquet intérieur, alors Ferrer a dû faire évoluer son style de jeu, son physique et son mental pour devenir un des joueurs les plus redoutables du circuit pendant dix années.

Il a su tirer le meilleur des cartes qu'il avait reçues, comme au poker. Dans ce jeu de cartes, chaque main est potentiellement jouable, même la pire (7-2 dépareillé). Pourquoi ? Parce que vous pouvez l'améliorer de deux manières : soit grâce aux événements hors de votre contrôle (les cartes communes qui vont être distribuées) ; soit grâce à ce qui est sous votre contrôle, à savoir, vos actions potentielles (miser, bluffer, relancer, payer, passer, jauger votre adversaire, etc.). Le but du joueur de poker est de tirer le meilleur profit (ou la perte la plus minime) de chaque décision. Dans le jeu de la vie, nous devons composer avec nos cartes de départ : notre génétique, notre pays de naissance, notre famille, le contexte politique et économique, l'époque dans laquelle nous vivons, etc. Une fois les cartes distribuées, vous avez une vie à vivre, et vous plaindre ne sert à rien : c'est ici que la responsabilité entre en jeu. Vous avez le choix. Vous pouvez passer une vie à vous plaindre, à vous voir et à vous présenter comme une victime, frappée par la malchance.

Vous aurez l'attention des autres victimes, dans cette société fragile qui promeut la victimisation. Vous pourrez aussi afficher des discours moraux validés par la bien-pensance pour vous sentir vertueux. Mais rien de cela ne transformera vos cartes de départ. Vous serez un être vide intérieurement, cherchant du sens à l'extérieur de soi, dépendant des contingences et du regard d'autrui. Vous serez bloqué dans « la vie selon les autres ».

Ou vous pouvez choisir la révolte. Vous pouvez accepter vos cartes de départ puis refuser de les voir comme des éléments figés de votre existence. Vous pouvez passer d'un état d'esprit fixe à un état d'esprit de croissance. Vous pouvez voir votre corps et votre esprit comme une statue que vous pouvez (et devez) sculpter. Mais comment faire ? « Simplifier, simplifier, simplifier », nous enjoint Thoreau : ne surchargez pas votre statue de composants superficiels ou artificiels. Ne gardez que le meilleur de ce qui vous entoure et de vous-même pour façonner votre statue. Que ce soit sur la face visible ou l'invisible. Votre santé physique est le fruit de vos choix, de votre capacité à prendre soin de vous. Votre santé mentale, elle, dépend aussi de votre citadelle intérieure (dont nous parlerons dans un instant).

Vous êtes fait d'une certaine matière première, mais celle-ci reste malléable. À vous de décider d'en faire une horrible pièce d'art contemporain ou un chef-d'œuvre, dont vous serez d'autant plus fier que le chemin aura été semé d'obstacles et de challenges.

L’obstacle est le chemin

Fernand de Magellan (1480-1521) est le premier homme à avoir fait le tour de la Terre en bateau, prouvant qu'elle est bien ronde18. Cet explorateur portugais né à la fin du XVe siècle fait partie de ces grands explorateurs, ceux de l'époque des « grandes découvertes ». Dans la biographie que lui consacre Stefan Zweig19, on comprend que la mission de Magellan était complexe. Ambitieux, mais de nature plutôt discrète, Magellan fut longtemps abonné aux seconds rôles et mit des années avant de se voir confier des explorations. Un jour, il rencontra un homme qui lui dit savoir par où passer pour trouver la route des épices menant à l'Inde. C'était l'objectif des puissances européennes à l'époque : trouver des moyens de commercer avec l'Orient et de dominer le commerce maritime.

Magellan n'arrivait pas à convaincre le roi du Portugal de financer son voyage. Finalement, il trouva les fonds nécessaires chez le rival espagnol. L'expédition compta 5 bateaux et plus de 240 hommes. Tout au long du voyage les obstacles se sont enchaînés, entre mutineries des capitaines, problèmes techniques, perte du cap et de la confiance en son projet. Il faillit abandonner plusieurs fois, s'arrêtant même à quelques encablures du passage pendant plusieurs semaines, prêt à rebrousser chemin. Finalement, Magellan va trouver le passage, ce détroit qui porte dorénavant son nom. Avant de subir un dernier obstacle fatal : touché par une flèche empoisonnée, il meurt lors d'une bataille avec les Indiens. Même sa postérité fut un challenge ! Il a fallu le témoignage du « poète » Antonio Pigafetta (1480-1531) l'accompagnant pour rétablir la vérité. En effet, à leur retour, les sous-capitaines racontèrent une tout autre histoire, faisant passer Magellan pour un traître. Cette exploration ultime qui fit de Magellan un personnage dont nous parlons encore aujourd'hui est une belle métaphore de ce qu'est la vie. La vie est un voyage. Il n'y a pas de destination finale, seul compte le chemin. Même la mort n'est que la fin d'un cycle (celui de votre vie) qui est le géniteur d'un autre cycle (celui des générations suivantes, à travers vos enfants ou votre contribution au monde).

Nous pouvons voir l'existence comme un processus qui nous invite à nous améliorer au quotidien. Notre vie est un projet, une œuvre. Elle est constituée d'une multitude de sous-projets qui influencent chacun notre vie et celle des personnes qui nous entourent. Les obstacles font partie du processus, ce sont eux qui donnent de la valeur à votre chemin. Pensez à tous ceux que vous avez déjà vécus et traversez : n'ont-ils pas façonné qui vous êtes aujourd'hui ? Comme une expédition en bateau, nous suivons un fleuve, le flux de l'existence. Notre bateau est toujours en mouvement, que nous le voulions ou non. Il y a des carrefours de vie qui suscitent des crises comme nous l'avons vu avec le principe #1. Celles-ci vous poussent à faire des choix. Chaque choix est tel un vote qui détermine la qualité de votre existence. Votez-vous pour le choix facile, votre vie en sera plus difficile ensuite. À l'inverse, naviguez maintenant vers les chemins difficiles, voire effrayants, et votre vie en sera plus intense, plus enrichissante et plus « facile » sur le long terme.

Dans la plupart des cas, les belles choses de la vie s'acquièrent en traversant la peur, en lui faisant face. Vous finissez par transformer la peur en excitation, elle devient votre alliée.

Je sais que la qualité de ma vie est proportionnelle à ma capacité à traverser la peur, à la transformer en un chemin difficile, mais excitant.

J'étais mort de trouille : quand j'ai pitché la première fois de ma vie mon projet de startup devant des investisseurs ; lors de mon premier tournoi de poker en physique ; lorsque j'ai osé démarcher un restaurateur pour la première fois pour mon entreprise ; en allant parler à une femme dans un café ou encore en essayant d'écrire ce premier livre sans savoir si j'en serais capable.

Mais l'obstacle est le chemin. Cette phrase est empruntée au titre du livre de Ryan Holiday qui matérialise un des principes de vie de l'empereur Marc Aurèle. Acceptez les obstacles, embrassez la peur. L'échec n'est pas de tomber, mais de ne jamais se relever. Et il est même des échecs que je vous recommande de vivre un jour…

Soyez un alchimiste de l’échec

En juillet 2018, je suis passé pour un « loser » aux yeux du grand public, du moins dans ma région. La société que j'avais cofondée quatre ans auparavant et dont j'étais le dirigeant (et le représentant médiatique) faisait la une du plus grand journal régional. La veille, je venais d'annoncer que nous étions contraints d'arrêter le service de livraison de restaurants que nous avions développé en quelques années dans sept villes françaises, travaillant avec 30 collaborateurs et plusieurs centaines de restaurateurs et livreurs. Quelques semaines plus tard, nous sommes parvenus à céder l'entreprise à un montant dérisoire pour tout de même valoriser les actifs que nous avions construits (marque, équipe, clients, partenaires, etc.). Mais le mal était fait, nous avions « échoué » aux yeux de beaucoup. La success story locale était devenue un échec. Les « amis » étaient devenus des détracteurs. C'est un moment assez particulier à vivre et à gérer. Vous essayez de contrôler la communication (je l'avais fait via un long article détaillé20), mais chacun juge à partir de son propre paradigme, de ses biais et jugements. Personnellement, je ne voyais et ne vois toujours pas cette aventure comme un échec. Hormis d'un point de vue financier, j'avais le sentiment d'avoir énormément gagné de cette expérience. Mais petit à petit, les autres finirent par me convaincre que j'avais échoué. J'étais influencé par le regard d'autrui. Je n'osais plus trop parler de cette aventure dont j'étais pourtant fier.

J'en suis arrivé à la conclusion que l'échec était purement relatif. La définition de ce qu'est un succès ou un échec dans vos projets personnels ou professionnels doit venir de vous. Si vous passez dix belles années avec un ou une partenaire et que vous finissez par vous séparer, est-ce un échec ? Auriez-vous mieux fait de ne pas vous mettre en couple avec cette personne ? Peut-être que oui, peut-être que non. Cette réponse est personnelle.

Mon « échec » est un projet qui a aidé de nombreuses personnes autour de moi et qui a permis de faire avancer le bateau de mon existence à une vitesse folle. Le vrai échec, s'il existe, est le fait de tomber et de ne jamais se relever. C'est dans l'adversité que l'on se construit en tant qu'individu. Puisque ce qui ne tue pas rend plus fort, qu'allez-vous faire de vos « échecs » ? Ma proposition : voyez-vous comme un alchimiste, celui qui transforme le bronze en or. Transformez l'échec en apprentissage et donc en victoire. Revenons à l'amor fati de Nietzsche : il faut aimer l'existence et son « destin » dans sa totalité. Quand vous embrassez pleinement la vie, vous n'êtes plus soumis à l'échec – au sens commun. Vous explorez, vous apprenez, vous ressentez, vous vous élevez, vous transmettez. Et souvenez-vous de cette citation de Michael Jordan : « J'ai raté plus de 9 000 tirs dans ma carrière. J'ai perdu presque 300 matchs. Vingt-six fois, on m'a fait confiance pour le tir de la victoire et j'ai raté. J'ai échoué encore et encore et encore dans ma vie. Et c'est pour cela que je réussis. »

L'échec, c'est aussi de ne pas essayer, c'est de rester bloqué sur la ligne de départ. Effrayé par l'idée de perdre, de ne pas réussir à mener à bien un projet. Quand vous accepterez que tout est processus et chemin, vous n'aurez plus de raison d'avoir peur de l'échec car le résultat ne sera plus votre moteur. La destination devient abstraite : elle n'est qu'une étoile du nord qui guide vos décisions. Vous ratez votre tir puis vous passez au suivant, avec le sourire. Vous prenez la responsabilité de l'échec. Et vous devenez plus antifragile après chacun d'eux.

Devenez responsable et antifragile.



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  1. Cf. le documentaire Montre jamais ça à personne, sorti en 2021.

  2. Bret Easton Ellis, American Psycho [1991], « Pavillons », Robert Laffont, 2023 (nouvelle édition française).

  3. Bret Easton Ellis, White, « Pavillons », Robert Laffont, 2019.

  4. Ibid.

  5. Op. cit.

  6. Op. cit.

  7. Si vous n'êtes pas familier avec ce phénomène, allez voir le documentaire sur l'université Evergreen disponible en français sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=u54cAvqLRpA&t=10s

  8. Ibid.

  9. Tim Ferriss, La Semaine de 4 heures, Pearson, 2007 (2e édition revue : 2010).

  10. St Martin's Press, 2015. Traduction française : Responsabilité absolue : la méthode des Navy SEALs pour réussir, Ring, 2019.

  11. Jocko Willink, Discipline Equals Freedom: Field Manual, St. Martin's Press, 2017.

  12. David Goggins est l'auteur du best-seller Can't Hurt Me – Master Your Mind and Defy the Odds, Lioncrest Publishing, 2018. C'est un ancien Navy SEALs qui est connu pour avoir réalisé des performances sportives hors normes alors qu'il était obèse dans sa jeunesse.

  13. Ray Dalio est le fondateur de Bridgewater Associates, un des plus gros fonds d'investissement au monde. Il est aussi l'auteur du best-seller Principles : Life and Work, Simon & Schuster, 2017.

  14. Le Crépuscule des idoles, op. cit.

  15. Nassim Nicholas Taleb, Antifragile : Things That Gain from Disorder, Penguin, 2012, trad. française : Antifragile – Les Bienfaits du désordre, Les Belles Lettres, 2013.

  16. Manuel d'Épictète, op. cit.

  17. François Larose, Bernard Terrisse, Marie-Louise Lefebvre, Vincent Grenon, « L'évaluation des facteurs de risque et de protection chez les enfants de maternelle et du premier cycle de l'enseignement primaire : l'échelle des compétences éducatives parentales », Revue internationale de l'éducation familiale, Recherche et interventions, vol. 4, n° 2, 2002.

  18. Magellan meurt vers la fin de ce périple et ne revint pas au point de départ, mais nous pouvons lui attribuer ce « succès » en tant que chef de l'équipage qui réalisa cet exploit.

  19. Stefan Zweig, Magellan [1938], Le Livre de poche, 2012.

  20. https://medium.com/essentiels/fetch-la-fin-dune-aventure-incroyable-7b3d42fb90f3